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Présidentielle en Côte d'Ivoire: un mort de plus dans les violences à Daoukro, fief de M. Bédié

15 août 2020 à 14h41 Par AFP
Les violences liées à l'annonce de la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, ont fait un mort de plus samedi à Daoukro (centre), ont constaté des journalistes de l'AFP. Ce décès porte à quatre le nombre de personnes tuées dans des affrontements dans ce bastion de l'ancien président Henri Konan Bédié, également candidat à la présidentielle, selon le bilan officiel.La victime de 45 ans, Apollinaire N'Goran Kouamé a été tuée "par balle", alors qu'il montait la garde en compagnie des jeunes du village d'Anoumabo situé près de Daoukro.La tension était toujours vive samedi dans cette ville où les affrontements entre des partisans d'Henri Konan Bédié et des jeunes favorables au président Alassane Ouattara ont démarré mardi.Le marché et les différents commerces sont fermés et les forces de l'ordre ont pris position dans tous les quartiers.Armés de fusils de chasse, de gourdins et de machettes, les jeunes du village d'Anoumabo se sont rués vers le quartier malinké (pro-Ouattara). La gendarmerie a dû s'interposer pour les faire reculer et baisser la tension.Au total, six personnes sont mortes et plus de 100 blessées en Côte d'Ivoire, après trois jours de violences liées à l'annonce de la candidature de M. Ouattara."68 personnes ont été interpellées pour troubles à l'ordre public, incitation à la révolte, violence sur les forces de l'ordre et destruction de biens d'autrui", au cours de ces manifestations, selon le bilan officiel fourni vendredi.Le président Alassane Ouattara, 78 ans, élu en 2010 puis réélu en 2015, avait annoncé dans un premier temps en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus.Après ce décès, M. Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.