Présidentielle en Guinée: une tournée d'apaisement des deux candidats annulée

28 octobre 2010 à 10h13 par La rédaction

CONAKRY (AFP)

Une tournée d'apaisement que devaient effectuer jeudi en province les deux candidats au second tour de la présidentielle en Guinée, a été annulée, "la base" de l'un d'eux, Alpha Condé, y étant opposée, a-ton appris auprès des deux camps.

"Le professeur (Alpha Condé) tenait à y aller, mais la foule est venue à son domicile.C'est la base qui est contre cette tournée", a déclaré François Lonsény Fall, porte-parole et dirigeant de l'alliance Arc-en-ciel.

Un porte-parole du parti de M. Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Ahmed Tidiane Traoré, a confirmé que "les militants du RPG ne sont pas d'accord pour que leur candidat bouge parce que ce n'est pas nécessaire".

Interrogé par l'AFP depuis Dakar, Cellou Dalein Diallo, après consultation des autorités chargées de la sécurité, a en conséquence décidé d'annuler lui aussi son déplacement."Je suis déçu", a-t-il affirmé.

"Je déplore de devoir constater que lorqu'on prend des mesures en vue de restaurer la confiance, mon frère Alpha Condé se dérobe après avoir accepté" devant le président de la transition, le général Sékouba Konaté, et toutes les autorités impliquées dans le processus électoral, a-t-il ajouté.

Il a affirmé être "toujours disponible" pour faire cette tournée avant le second tour, fixé au 7 novembre.

Diallo et Condé, "accompagnés de personnalités gouvernementales et religieuses", devaient effectuer "une tournée de sensibilisation" dans les régions les plus touchées par les violences politico-ethniques qui ont eu lieu ces derniers jours à l'approche du second tour de la présidentielle.

La date de ce second tour, reporté deux fois, a été fixée mercredi soir par décret présidentiel au dimanche 7 novembre.

Les deux candidats s'étaient serrés la main à l'occasion d'une réunion au cours de laquelle avait été décidée cette date, et avaient accepté de faire cette tournée d'un commun accord.

Ils devaient se rendre dans les préfectures de Mamou (centre), Kissidougou et Siguiri (est) touchées ces derniers jours par des scènes de violences.

"Une démarché initiée et souhaitée par le président de la transition afin de rapprocher davantage les candidats et indiquer à leurs partisans qu'ils sont condamnés à travailler et à vivre ensemble", avait souligné la radio-télévision d'Etat guinéenne (RTG).

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait proposé mardi que le second tour, reporté une première fois en septembre, puis fixé au 24 octobre, ait lieu le 31 octobre.

Mais le candidat Cellou Dalein Diallo, favori du scrutin après avoir obtenu 43% des voix au premier tour du 27 juin (contre 18% à Condé), avait demandé un délai d'une semaine supplémentaire, le temps de "restaurer la paix" et "la confiance entre les communautés".

Il avait notamment fait valoir que de nombreux électeurs peuls avaient fui leur domicile après les violences.