Présidentielle en RDC: un scrutin à tour unique "frise la tricherie" selon un candidat

Par La rédaction

KINSHASA (AFP)

L'ex-président de l'Assemblée nationale de la RDC, Vital Kamerhe, a jugé mardi "irresponsable" la proposition du gouvernement de passer à un scrutin présidentiel à tour unique, estimant que cela "frise la tricherie", à dix mois des élections générales.

Les élections présidentielles en RDC sont prévues en novembre 2011."Changer les règles du jeu à la veille des élections parait une démarche politique immorale et irresponsable qui frise la tricherie", a affirmé lors d'une conférence de presse à Kinshasa M. Kamerhe, 52 ans, candidat déclaré à la présidentielle de novembre 2011 sous la bannière de son parti crée, l'Union pour la nation congolaise (UNC).

Le gouvernement a proposé lundi le passage à un scrutin présidentiel à tour unique, "moins onéreux" (350 millions de dollars américains au lieu de 700 millions) et censé éviter au pays "une guerre identitaire", ce qui impliquerait une modification de la Constitution.

La raison budgétaire avancée par le gouvernement est "fallacieuse" car la communauté internationale pourrait prendre "en charge une grande partie du financement des élections" comme en 2006, a estimé l'ex-président de l'assemblée.

"Le scrutin majoritaire à deux tours (...) est le mieux indiqué pour un pays comme le nôtre avec ses 453 tribus", a ajouté M. Kamerhe, l'un des membres fondateurs du parti présidentiel et principal artisan de la victoire de Joseph Kabila en 2006.

Il a démissionné en mars 2009 de la présidence de l'Assemblée nationale, après avoir qualifié de "grave" l'entrée en janvier de la même année de troupes rwandaises dans l'est de la RDC pour une opération conjointe avec l'armée de Kinshasa contre les rebelles hutus rwandais.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC), parti de Jean-Pierre Bemba, qui avait affronté M. Kabila au second tour de la présidentielle de 2006, a également rejeté cette proposition du gouvernement, soulignant que "cela risque d'affecter la légimité du président élu".