Présidentielle ivoirienne: un premier tué dans des violences dans l'ouest

25 novembre 2010 à 21h31 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Les heurts entre partisans des deux rivaux du second tour de la présidentielle ivoirienne de dimanche ont fait jeudi leur premier mort dans l'ouest, fief du président Laurent Gbagbo, qui affronte dans la soirée l'opposant Alassane Ouattara lors d'un débat télévisé sans précédent.

Un jeune sympathisant de M. Gbagbo a trouvé la mort après avoir été agressé par un militant d'opposition à l'issue d'affrontements entre les deux groupes, pour avoir arraché une affiche de campagne de M. Ouattara, a indiqué un agent de la sous-préfecture de Bayota (300 km à l'ouest d'Abidjan), joint au téléphone par l'AFP.

Dans un communiqué publié dans la soirée, le ministère de l'Intérieur a confirmé ce décès et précisé que la gendarmerie avait "interpellé les principaux organisateurs".

A trois jours du second tour, il s'agit du premier décès survenu lors des heurts qui opposent depuis une semaine des militants du camp présidentiel et de l'opposition à Abidjan et dans l'intérieur du pays.Jusqu'ici, les violences n'avaient fait que des blessés.

Ce décès survient dans les zones forestières du centre-ouest qui sont l'un des points les plus chauds du moment.Dans ces régions de culture du cacao cohabitent autochtones bété (ethnie de M. Gbagbo), baoulé et nordistes qui sont le gros de l'électorat de l'ex-Premier ministre Ouattara.

 L'ONU, des organisations de la société civile et même l'équipe nationale de football ont multiplié cette semaine les appels au calme.

Jeudi, la chef de la diplomatie européennne, Catherine Ashton, s'est inquiétée de la radicalisation de la campagne et a exhorté à la "responsabilité".

Le pays est plongé dans une grave crise depuis le coup d'Etat raté de 2002, qui l'a coupé en un sud loyaliste et un nord rebelle.

Le parrain de l'accord de paix de 2007, le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, est attendu samedi à Abidjan pour apaiser une "atmosphère électorale surchauffée", selon un communiqué publié par la présidence à Ouagadougou.

 L'enjeu est que "le verdict des urnes soit accepté par tous", souligne-t-elle.

Dans ce contexte tendu, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de transférer de sa mission au Liberia voisin trois bataillons d'infanterie (500 hommes) et une unité aérienne pour appuyer l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci, 8.500 hommmes), pour quatre semaines au plus.

Le Centre de commandement intégré (CCI), état-major mixte loyaliste et FN, a engagé le déploiement de troupes supplémentaires au nord et dans le centre-ouest.

Le décès du jeune militant de Bayota survient alors que les deux candidats ont nettement durci le ton et devaient se retrouver dans la soirée pour un débat historique sur la télévision publique.

C'est la toute première fois qu'un débat de ce genre est organisé dans le pays.

A la veille de la clôture de la campagne, que les deux candidats veulent marquer par des rassemblements géants à Abidjan, ce duel télévisé est crucial pour eux deux.

Avec respectivement 38% et 32% au premier tour le 31 octobre, aucun ne peut tenir la partie pour gagnée et chacun doit surtout séduire les électeurs - baoulé du centre, en particulier - qui avaient choisi Henri Konan Bédié.

L'ex-président, arrivé troisième, a appelé à voter pour son allié Ouattara, mais les reports de voix restent une inconnue majeure.