Présidentielle: le président nigérian Goodluck Jonathan lance sa campagne

7 février 2011 à 16h26 par La rédaction

LAFIA (Nigeria) (AFP)

Le président nigérian Goodluck Jonathan a lancé lundi sa campagne en vue de l'élection présidentielle du 9 avril, au cours d'un meeting dans la ville historique de Lafia où siégeaient les anciens royaumes, dans le centre du pays.

La sécurité a été renforcée dans la ville et dans les alentours où ont été déployées 16 unités spécialisées de la police notamment dans l'anti-terrorisme et le déminage.Des renforts de police des six Etats voisins de l'Etat de Nassarawa dont Lafia est la capitale, ont été également mobilisés.

Le rassemblement du Parti démocratique du peuple (PDP), le parti au pouvoir, se déroule dans un stade pouvant accueillir 15.000 personnes.

Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, part favori après avoir remporté à la mi-janvier les primaires du PDP, devant son rival Atiku Abubakar, un musulman du Nord, ancien ex-vice président, largement battu par 2.736 voix contre 805.

"Il nous faut de l'électricité partout", a-t-il en référence aux pannes de courant fréquentes dans le pays.

Il a aussi fait référence aux attentats et enlèvements dans la région pétrolifère du delta du Niger (sud), en soulignant: "pour chaque bombe qui explose nous nous lancerons à votre poursuite jusqu'à votre capture".

Certains responsables politiques avaient estimé que M. Jonathan, 53 ans, devait renoncer à sa candidature au profit de son rival pour respecter l'alternance entre le Nord et le Sud du Nigeria, tous les huit ans.Mais cette règle informelle au sein du PDP semble avoir vécu avec le scrutin des primaires.

Le PDP a remporté chaque élection présidentielle depuis le retour au pouvoir civil en 1999 dans le pays le plus peuplé d'Afrique (150 millions d'habitants).

Le centre du Nigeria où le président a choisi de lancer sa campagne, est régulièrement touché par les violences intercommunautaires, notamment à Jos, capitale du Plateau, et ses environs.

Trente-cinq personnes ont été tuées fin janvier dans des violences interconfessionnelles à Tafawa Balewa, localité située près de l'Etat du Plateau, à cheval sur les zones principalement musulmanes du nord et à dominantes chrétienne et animiste du sud.