Procès Habré: réunion Sénégal-UA à Dakar sur la Cour internationale ad hoc

30 mai 2011 à 12h51 par La rédaction

DAKAR (AFP)

Des experts du Sénégal et de l'Union africaine (UA) ont entamé lundi une réunion sur la création de la Cour internationale ad hoc appelée à juger pour crimes contre l'humanité l'ex-président tchadien Hissène Habré, réfugié à Dakar, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Les organisateurs ont tenu à ce que les travaux se déroulent à huis clos" dans un hôtel dakarois, a indiqué un responsable sénégalais, ce qu'a confirmé une des organisations de défense des droits de l'Homme appuyant les victimes du régime d'Hissène Habré (1982-1990).

La réunion devrait être ouverte à la presse à son dernier jour, vendredi, a-t-on précisé de même source.

Les "techniciens" rassemblés à Dakar étudiaient notamment "les conclusions de la première réunion" tenue en mars à Addis Abeba sur cette juridiction spéciale et un "projet d'accord" entre les parties, selon le responsable sénégalais.

Dans un communiqué publié le 27 mai, une coalition d'ONG a expliqué que la rencontre de Dakar devait permettre "de négocier et signer les textes fondateurs de la future Cour internationale ad hoc au Sénégal", évoquant un "projet de Statut fortement remis en cause par des organisations de défense des droits de l'Homme".

"Les exigences du Sénégal avaient donné lieu en mars à un projet de Cour coûteux, peu maniable, et en définitive inopérant", avait affirmé dans le communiqué Mme Jacqueline Moudeina, présidente de l'Association tchadienne pour la défense des droits de l'Homme (ATPDH).

"Nous attendons maintenant une solution réaliste, dans les limites des ressources budgétaires existantes, qui permette la mise en oeuvre immédiate de la Cour", avait-elle ajouté.

A l'issue de la réunion d'Addis Abeba, l'UA avait affirmé que les procédures relatives à la Cour internationale ad hoc se conduiraient "sur la base des ressources (financières) mobilisées lors de la table ronde des bailleurs" organisée à Dakar en novembre 2010.

La communauté internationale avait alors promis des contributions de 8,5 millions d'euros pour financer le procès.

En 2006, l'UA avait demandé au Sénégal de juger Hissène Habré "au nom de l'Afrique" pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et torture, ce que le président sénégalais Abdoulaye Wade avait accepté, mais aucune information judiciaire n'a été ouverte.