Procès Lubanga: des témoins ont menti devant la CPI selon la défense

26 août 2011 à 12h45 par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

Neuf témoins présentés par l'accusation comme d'anciens enfants-soldats ont menti devant la Cour pénale internationale (CPI) lors du procès de l'ancien chef de milice de République démocratique du Congo (RDC) Thomas Lubanga, le premier accusé de la CPI, a affirmé vendredi la défense.

"Certains intermédiaires du bureau du procureur avaient préparé les témoins à raconter des histoires fausses devant la Cour", a déclaré Catherine Mabille, l'avocate principale de M. Lubanga, lors d'une audience à La Haye, où siège la CPI : "on leur a demandé de mentir".

"Les dossiers scolaires (...) démontrent sans aucun doute possible que ces enfants étaient sur les bancs de l'école au moment où ils prétendaient avoir été soumis aux pires atrocités", a soutenu l'avocate, relevant également "d'irréconciliables contradictions" dans leurs témoignages.

La défense s'exprimait pour la dernière fois devant les juges avant que ceux-ci ne se retirent pour délibérer.L'accusation et les représentants des victimes avaient prononcé jeudi leur "déclaration de clôture".

Le procès pour crimes de guerre de Thomas Lubanga, fondateur et dirigeant présumé de l'Union des patriotes congolais (UPC) et ex-commandant des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLD), s'était ouvert le 26 janvier 2009.Il plaide non coupable.

Thomas Lubanga, 50 ans, est jugé pour l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans et pour les avoir fait participer activement à des hostilités durant la guerre civile en Ituri (est de la RDC) entre septembre 2002 et août 2003, selon l'accusation.

Le procès de Thomas Lubanga avait été suspendu le 8 juillet 2010 durant trois mois, à la suite du refus du procureur de communiquer à la défense le nom d'un intermédiaire chargé de retrouver des témoins des crimes dont est accusé M. Lubanga.

Des faux témoignages avaient été "fabriqués" avec l'assistance d'intermédiaires et la collaboration du bureau du procureur, selon la défense, qui avait réclamé en vain un arrêt définitif du procès.