Rapatriement de la dépouille d'un Sud-Africain décédé en détention au Mozambique

Par AFP

AFRICA RADIO

La dépouille d'un Sud-Africain décédé en détention au Mozambique dans des conditions "suspectes", selon Human Rights Watch (HRW), a été rapatrié jeudi en Afrique du Sud pour une autopsie, a-t-on appris auprès de son épouse.

"On a réussi à entrer en Afrique du Sud" après "une sacrée bataille" avec les autorités mozambicaines pour rapatrier le corps sans qu'il soit incinéré, a déclaré à l'AFP Francis Hanekom."Demain (vendredi), nous allons commencer la procédure pour l'autopsie", a ajouté cette Sud-Africaine, qui soupçonne que son mari a été empoisonné.Andre Hanekom, accusé de liens avec des islamistes armés qui terrorisent le Nord du Mozambique, est décédé la semaine dernière dans un hôpital de Palma (nord), quelques jours après son transfert d'une prison.Selon le parquet mozambicain, ce sexagénaire figurait parmi les responsables du groupe islamiste qui opère dans le nord du pays depuis 2017 et a tué plus d'une centaine de civils.Son épouse a qualifié d'"absurdes" ces accusations.L'ONG de défense des droits de l'Homme HRW a elle jugé jeudi sa mort "suspecte"."Le décès d'Hanekom en détention soulève des questions qui nécessitent une enquête rapide et poussée de la part des autorités" mozambicaines, a déclaré le directeur de HRW pour l'Afrique australe, Dewa Mavhinga.Elles "devraient établir les causes de la mort d'Hanekom et fournir le rapport d'autopsie à la famille", a-t-il ajouté.Francis Hanekom a précisé ne pas avoir reçu les résultats de l'autopsie mozambicaine.Pour elle, son époux "est indirectement victime de l'exploration du gaz" dans le nord du Mozambique, qui suscite de fortes convoitises et pourrait attiser les tensions dans la région.Les Hanekom, installés depuis des années au Mozambique, possèdent une propriété avec un accès direct à la mer non loin des sites d'exploration.Début janvier, la famille Hanekom avait reçu des menaces de mort, selon Francis Hanekom.