RDC: au moins 303 civils victimes de viols fin juillet-août

24 septembre 2010 à 8h57 par La rédaction

GENEVE (AFP)

Au moins 303 civils ont été victimes de viol, parmi lesquels 235 femmes, au cours des violences en République démocratique du Congo (RDC) qui se sont déroulés en quatre jours début août dans 13 villages de la région du Nord-Kivu, selon un rapport préliminaire de l'ONU publié vendredi.

Ce rapport préliminaire élaboré par le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l'homme (BCNUDH) s'est concentré uniquement sur les "violences des droits de l'homme" commises du 30 juillet au 2 août 2010 "dans 13 villages" du territoire de Walikale dans le Nord-Kivu.Il souligne toutefois que d'autres violences ont été commises dans d'autres provinces.

"Au moins 303 civils ont été victimes de viol, parmi lesquels 235 femmes, 13 hommes et 52 filles et 3 garçons", conclut-il, soulignant que les premiers chiffres établis fin août faisaient part d'"au moins 154 civils victimes de viols et de violences sexuelles" commis dans cette province de Walikale.

"Ces chiffres pourraient être revus à la hausse", prévient le rapport.

Le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Atul Khare avait fait état le 7 septembre devant le Conseil de sécurité de l'ONU d'au moins 242 femmes violées dans ces 13 villages du nord-Kivu.

Il avait également indiqué que quelque 260 viols supplémentaires de femmes et d'enfants parfois âgés de 7 ans avaient également été perpétrés en août dans d'autres villages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, portant à plus de 500 le nombre de viols commis en RDC en près d'un mois.

Atul Khare avait de plus critiqué la mission de l'ONU en RDC, la Monusco, qui a été incapable d'empêcher ces violences.Le rapport préliminaire de l'ONU a repris ces accusations.

"L'échec à prévenir ou mettre un terme aux attaques a été aggravé par des manquements importants de la part de la Monusco qui n'aurait pas reçu d'entraînement spécifique à la protection des civils", relève ainsi le communiqué en présentant les grandes lignes.

Il qualifie également ces "viols en série d'effrayants".

Le rapport préliminaire les attribue aux rebelles hutus rwandais des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR), aux milices locales Maï-Maï, ainsi qu'à des "éléments du Colonel Emmanuel Nsengiyumva" (un colonel congolais qui a rejoint la rébellion début 2010).

L'ensemble de ces forces qui ont "systématiquement attaqué les populations civiles" des 13 villages rassemblait "au moins 200 combattants", selon le rapport.

Il décrit également la façon dont les assaillants "armés d'AK47 (Kalachnikov), de grenades et de machettes" ont verrouillé les "moyens de communication" pour bloquer "la propagation d'informations sur les attaques".