RDC: au moins dix civils tués par des ADF présumés dans l'est

Par AFP

AFRICA RADIO

Au moins dix civils ont été tués dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) par des membres présumés d'un groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF), a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

"Au moins 10 civils ont été tués mercredi 12 mai dans les villages de Ngaka et Mangundu, près de la ville de Mambasa, dans la province de l'Ituri", a indiqué sur son compte twitter l'organisation Kivu security tracker (KST)."Les sources locales suspectent les ADF, possiblement en coalition avec un groupe local", a estimé KST, qui recense les violences et attaques des groupes armés dans l'est congolais.Dimanche, l'administrateur du territoire de Mambasa a annoncé à un correspondant de l'AFP dans la région la découverte de 15 corps la veille dans cette zone."Des jeunes ont retrouvé samedi 15 corps en décomposition dans les environs du village de Ngaka", a déclaré Idriss Koma Kukodila."Ils ont été vraisemblablement tués dans des attaques jeudi et vendredi dans ce village, ainsi que dans les villages voisins de Lukaya et Makumo", a estimé M. Koma.Les corps ont été enterrés par la Croix Rouge. Les responsables de ces attaques sont des ADF, a jugé l'administrateur. Ils opèrent habituellement à quelques kilomètres plus au sud-est, en périphérie de la ville de Beni, dans la province voisine du Nord-Kivu.De son côté, la radio onusienne Okapi, citant des sources au sein de la société civile locale, a fait état de 21 tués dans cette zone depuis le début de la semaine dernière, et d'une cinquantaine d'otages emportés par les ADF."Il y a une faible présence des militaires dans la région de Mambasa, les assaillants en profitent", a expliqué à l'AFP M. Koma, demandant des renforts et s'alarmant des déplacements de population déjà occasionnés par ces violences.Les Forces démocratiques alliées, plus connues sous l'acronyme anglais ADF, sont à l'origine des rebelles musulmans ougandais, qui ont fait souche en RDC où ils se sont installés en 1995.Les ADF sont de loin le plus meurtrier des 122 groupes armés recensés dans l'est congolais: ces dix-huit derniers mois, ils sont accusés du massacre de plus de 1.000 civils.Le 11 mars, les États-Unis ont placé ce groupe armé parmi les "groupes terroristes" affiliés aux jihadistes de l'État islamique (EI). Depuis 2019, l'EI a revendiqué, images à l'appui et sur ces canaux de communication habituels via les réseaux sociaux, certaines des attaques attribuées aux ADF.Le 6 mai dernier, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées sous le régime de l'état de siège par le président Félix Tshisekedi, pour tenter d'y juguler la violence, notamment les attaques meurtrières des ADF. Les gouverneurs militaires, nommés pour remplacer les gouverneurs civils de ces deux provinces, ont pris leur fonction la semaine dernière.