RDC: des candidats à la présidentielle demandent l'annulation des élections

29 novembre 2011 à 17h49 par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

La tension reste vive en République démocratique du Congo où des candidats à la présidentielle, dont l'opposant Léon Kengo, ont demandé mardi l'annulation des scrutins présidentiel et législatifs de lundi en dénonçant de nombreuses "irrégularités".

Dans une déclaration commune, MM.Kengo, Antipas Mbusa Nyamwisi et Adam Bombole Intole dénoncent des bureaux de vote "fictifs, ou à tout le moins non localisables", des bulletins de vote "parallèles, pré-remplis ou vierges au profit" du candidat Joseph Kabila, le chef de l'Etat sortant, ou de candidats députés de sa majorité.

Ils dénoncent aussi "l'utilisation des moyens de l'Etat par" M. Kabila, la non-ouverture de bureaux de  vote, l'insuffisance de bulletins "provoquant artificiellement une baisse du taux de participation" et des dépouillements "à huis-clos après le "refus d'admettre la présence de témoins de l'opposition" dans plusieurs bureaux.

Les trois candidats "déclarent n'accorder aucun crédit aux résultats qui pourraient résulter de pareils scrutins" dont ils "exigent l'invalidation pure et simple".

 Les résultats provisoires de la présidentielle sont attendus le 6 décembre, ceux des législatives le 13 janvier.

Il accusent la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d'être "responsable de la mauvaise préparation" des élections, lui reprochant son "obstination" à avoir voulu maintenir la date du scrutin lundi, malgré d'énormes difficultés logistiques.

Interrogé par l'AFP sur cette déclaration, un proche de l'opposant Etienne Tshisekedi, également candidat à la présidentielle, a indiqué que le principal rival de Kabila n'avait "pas demandé" l'invalidation du scrutin et attendait encore des informations sur le déroulement du vote.

Des observateurs des scrutins s'étaient déjà inquiétés des nombreuses irrégularités et incidents constatés à travers le pays lors du scrutin auquel 32 millions d'électeurs étaient appelés.

"Nous risquons de vivre une période très, très critique de tensions", a déclaré à l'AFP Jérôme Bonzo, coordinateur de l'ONG congolaise Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA).

 "Cette ambiance est explosive.Cela a été constaté hier dans tous les bureaux de vote où il y a eu tentative de fraude, où il y a eu tentative de manipulation par des agents électoraux, par certains candidats à différents niveaux", a-t-il estimé.

Les Etats-Unis ont dit lundi espérer que "les informations faisant état d'anomalies" vont s'avérer "isolées", a déclaré Mark Toner, un porte-parole du département d'Etat.

Mercredi, les missions internationales d'observation du Centre Carter et de l'Union européenne doivent chacune présenter leurs premières conclusions sur le scrutin.

Comme l'avait autorisé lundi la Céni, des électeurs ont pu encore voter mardi dans des bureaux qui avaient ouvert en retard la veille ou n'ont jamais pu fonctionner, en raison du mauvais déploiement du matériel électoral.

Entamé lundi soir dans des conditions souvent difficiles, le dépouillement s'est poursuivi mardi matin dans de nombreux bureaux.

"Il y a eu une coupure d'électricité et comme nous n'avions pas de lampes nous avons été obligés d'attendre le retour du courant pour recommencer à travailler", a ainsi raconté Jean-Etende Lokuka, agent de la Céni dans un centre de vote à Kinshasa ou le comptage s'est terminé mardi dans la matinée.

A Lubumbashi (sud-est), capitale de la province du Katanga, le calme est revenu au lendemain de violences meurtrières.

Deux policiers et une électrice avaient été tués dans l'attaque d'un bureau de vote, et un convoi chargé de matériel électoral a été la cible d'une attaque armée dans laquelle sept à huit assaillants ont été tués par la police.

Le bureau touché a été réouvert mardi en fin de journée, mais les électeurs qui avait déjà voté lundi devaient le faire une nouvelle fois, les bulletins mis dans les urnes ayant été brûlés lors de l'attaque.

"On a vu qu'il y avait du matériel (de vote) et on nous a demandé de travailler parce que les gens ont soif de voter", a déclaré à l'AFP Hugo Kasongo, un agent de la Céni, présent lors de l'attaque.