RDC: des pro-Katumbi optent pour une opposition républicaine face à Tshisekedi

Par AFP

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Les partisans de l'opposant congolais en exil Moïse Katumbi ont opté lundi pour une "opposition républicaine" en tournant la page de "la vérité des urnes", un mois après la proclamation de Félix Tshisekedi comme président de la République démocratique du Congo.

Ensemble pour le changement, le regroupement politique de M. Katumbi a soutenu Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre pour laquelle il se considère comme vainqueur avec 61% des voix et réclame la vérité des urnes.Ensemble "constate que Félix Tshisekedi a été proclamé président de la République" par la commission électorale, "validé et investi par la Cour constitutionnelle", a déclaré Pierre Lumbi, vice président de ce regroupement, lors d'une conférence de presse.Néanmoins, il constate que les élections de 2018 ont été "entachées de nombreuses irrégularités" affectant leur "crédibilité et la légitimité des institutions qui en sont issues", comme lors des premières élections pluralistes de 2006 et en 2011."A la vérité des urnes doit succéder un combat de l'instauration d'un État de droit: la vérité des urnes ne doit pas devenir un mythe. Ensemble fera l'opposition républicaine", a expliqué M. Lumbi.Ensemble se considère comme la première force politique congolaise d'opposition, revendiquant 66 députés nationaux et 97 députés provinciaux après les élections de décembre 2018. Il attend du président Tshisekedi des "signaux forts", notamment la libération des prisonniers politiques et le retour de tous "les exilés et forcés".Ensemble "souligne la responsabilité personnelle" de l'ancien président Joseph Kabila dans le chaos électoral infligé au pays et l'invite à s'abstenir d'interférer dans le fonctionnement régulier des institutions et à s'ériger en obstacle à la restauration des institutions démocratiques".Ensemble entend "poursuivre la lutte pour l'établissement d'un Etat de droit démocratique, le respect des libertés et de la dignité humaine, la lutte contre la corruption et les antivaleurs".Ensemble a été lancé en mars 2018 par l'ex-gouverneur du Katanga en exil Moïse Katumbi en vue de sa participation à la présidentielle. Il n'a pu participer à ce scrutin, déclarant avoir été empêché de déposer son dossier de candidature par le régime de Kabila.