RDC: deux activistes libérés après la grâce présidentielle

16 mars 2019 à 11h22 par AFP

AFRICA RADIO

Deux activistes, dont un défenseur des droits de l'homme emprisonné depuis 2009, ont été libérés vendredi et samedi, conséquence de la grâce annoncée mercredi par le nouveau président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi.

Samedi matin, l'ex-député Franck Diongo est sorti de la prison centrale de Kinshasa devant laquelle il a été salué par plusieurs centaines de personnes, a constaté une équipe de l'AFP.M. Diongo, leader du petit parti d'opposition Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), n'a fait aucune déclaration.Il avait été arrêté en décembre 2016, à l'époque des manifestations de l'opposition contre le prolongement du deuxième et dernier mandat de l'ancien président Joseph Kabila.M. Diongo avait été condamné à cinq ans de prison pour la séquestration de trois militaires de la garde présidentielle."Je suis sorti de prison ce jour", avait pour sa part prévenu sur Twitter vendredi l'avocat et défenseur des droits de l'homme Firmin Yangambi."Ni rancune ni rancoeur. Il est temps de sauver le Congo", avait poursuivi M. Yangambi, condamné pour "tentative d'insurrection" sous l'ancien régime du président Kabila. Il était en prison depuis 2009.Outre ses deux prisionniers emblématiques, M. Tshisekedi a promis la "liberté conditionnelle" pour "700 personnes", a annoncé mercredi soir son directeur de cabinet et quasi doublure Vital Kamerhe sur la chaîne d'Etat RTNC.Le chef de l'Etat a aussi promis une "remise de peine" "à toute personne condamnée par une juridiction civile ou militaire à la suite des manifestations ou des réunions politiques intervenue entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018".Les dates ne sont pas choisies au hasard. L'opposition congolaise a commencé à se soulever en janvier 2015 contre l'ex-président Joseph Kabila, pour l'obliger à organiser des élections à la fin de son deuxième et dernier mandat en décembre 2016.La libération d'un troisième opposant, Diomi Ndongala, est aussi entre les mains du ministre de la Justice, a précisé le directeur de cabinet Vital Kamerhe, venu en personne sur le plateau de la RTNC.