RDC: dispersion du "sit-in" de lycéens à Beni contre les massacres

Par AFP

AFRICA RADIO

Les forces de sécurité de la République démocratique du Congo ont dispersé violemment vendredi le "sit-in" de lycéens rassemblés depuis une semaine devant la mairie de Beni dans l'Est du pays pour protester contre la violence des groupes armés.

La police et l'armée ont tiré des gaz lacrymogène et utilisé des fouets pour déloger les adolescents, a constaté un correspondant de l'AFP. Au moins trois d'entre eux ont été admis à l'hôpital.Plusieurs jeunes manifestants ont été interpellés. D'autres arrêtés la veille ont été libérés.Des dizaines de lycéens de Beni étaient rassemblés devant la mairie depuis une semaine pour protester contre l'insécurité et les massacres de civils dans cette région du Nord-Kivu.Ils demandaient la présence sur place du chef de l'Etat Félix Tshisekedi et le départ de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), qu'ils accusent d'inaction face aux massacres des civils."Veuillez regagner vos foyers et ne vous laissez surtout pas manipuler par les adultes qui, eux, recherchent un but politique", avait déclaré jeudi M. Tshisekedi, interrogé sur leur mouvement lors d'une conférence de presse à Kinshasa avec le président du Conseil européen Charles Michel."Ce n'est pas la Monusco qui est responsable" des violences, a-t-il ajouté.M. Tshisekedi a promis des "mesures radicales" contre la violence des groupes armés dans l'Est du pays, deux jours après avoir demandé l'aide de la France."Je suis simplement en train de préparer des solutions efficaces" pour "réduire de manière définitive cette crise de l'Est".Des dizaines de groupes armés de taille variable -- 122 selon un groupe d'experts -- menace la paix civile dans l'Est de la RDC. En territoire de Beni, les Forces démocratiques alliées (ADF), à l'origine des rebelles musulmans ougandais, sont de loin le plus meurtrier: ils sont accusés du massacre de plus de 1.000 civils rien que depuis novembre 2019.