RDC: dix morts dans des violences à Goma, manifestations interdites (officiel)

Par AFP

AFRICA RADIO

Dix personnes ont été tuées dans des violences lundi et mardi à Goma dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), où les autorités ont interdit toute manifestation après des mouvements de colère d'habitants dénonçant les massacres de civils et l'inaction supposée des Nations unies.

"Ce (mardi) matin, le bilan s'est alourdi à dix morts et 34 blessés dans les échauffourées entre un groupe porteurs d'armes à feu et blanches et les forces de l'ordre", a déclaré à l'AFP Charly Nzanzu Kasivita, gouverneur du Nord-Kivu (Est), qui a signé un arrêté interdisant "toutes les manifestations publiques" sur l'ensemble du territoire de cette province."Nous demandons à la population de ne pas céder à la manipulation car le gouvernement provincial est à pied d'oeuvre pour rétablir la sécurité" dans ce quartier, a ajouté M. Nzanzu.Ces violences opposent des membres des communautés Nande et Kumu qui habitent le quartier Majengo dans la partie nord de Goma. Les Kumus reprochent aux Nande d'avoir organisé des manifestations contre la mission de l'ONU en RDC (Monusco) qui ont paralysé plusieurs villes du Nord-Kivu.Depuis le lancement des manifestations, "des dérapages ne cessent de se multiplier jusqu'à des dégâts humains et matériels d'une ampleur inquiétantes", note le gouverneur affirmant avoir "constaté l'infiltration dans ces manifestations des sujets (hommes) armés"."Il est institué un bouclage systématique dans la commune de Karisimbi en ville de Goma, et dans la chefferie de Bukumu, en territoire de Nyiragongo", épicentres des violences, a-t-il précisé.Au Nord-Kivu, plusieurs villes sont paralysées par une grève générale de dix jours décrétée depuis le 5 avril par des groupes de pression et mouvements citoyens pour dénoncer l'inaction de la Monusco face aux massacres des civils dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la province du Nord-Kivu.Le territoire de Beni est le théâtre de violences qui ont fait plus de 6.000 morts depuis 2013, selon l'Église catholique.Ces massacres sont attribuées aux combattants du groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées considéré comme l'un de plus violents dans l'est de la RDC.Les Kumus, une des communautés du Nord-Kivu, ont imputé ces heurts à la communauté Nande, majoritaire à Beni et Butembo, où l'appel à manifester contre les massacres est le plus suivi.