RDC: durcissement du régime Tshisekedi en deux ans de pouvoir

Par AFP

AFRICA RADIO

L'organisation américaine Human Rights Watch a dénoncé jeudi le durcissement du régime du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, avec une hausse de la répression contre les médias et les activistes pro-démocratie en deux ans de pouvoir.

"Entre janvier et juillet 2020, Human Rights Watch a documenté 39 cas de menaces, harcèlement, d'arrestations et détentions arbitraires liés à la liberté des médias, à la contestation et aux manifestations pacifiques", a écrit HRW. "Depuis juillet, Human Rights Watch a documenté 65 cas supplémentaires".L'ex-opposant Tshisekedi s'était engagé à respecter les droits de l'homme à son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Il avait libéré des prisonniers politiques poursuivis sous le régime de son prédécesseur Joseph Kabila."Deux ans après l'arrivée de la nouvelle administration (en RDC), la répression contre les libertés d'expression et de réunion pacifique s'intensifie", a regretté HRW.L'ONG estime que des "Congolais ne devraient pas avoir à craindre d'être harcelés ou arrêtés pour avoir émis des critiques ou manifesté pacifiquement contre la politique du gouvernement".Huit militants du mouvement citoyen Lucha ont été détenus pendant un mois et jugés par un tribunal militaire qui les a finalement libérés.Le 16 novembre, la chanteuse populaire Élisabeth Tshala Muana, fidèle de l'ancien président Kabila, avait été détenue pendant 24 heures par l'Agence nationale des renseignements (ANR), après la sortie de sa chanson "Ingratitude".Proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018, l'ancien opposant Félix Tshisekedi avait été investi le 24 janvier 2019. Il a gouverné la RDC avec le camp de son prédécesseur Kabila, avant de mettre fin à leur coalition le 6 décembre.Le président cherche depuis à marginaliser son prédécesseur en constituant sa propre majorité parlementaire."Peu de responsables des forces de sécurité et du renseignement impliqués dans des violations des droits humains sous l'ancien président Joseph Kabila ont été traduits en justice, et beaucoup continuent d'occuper des postes à responsabilité", a regretté par ailleurs HRW.