RDC: enquêtes judiciaires après les accusations contre les forces de sécurité

Par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

La justice en République démocratique du Congo va enquêter après des rapports d'ONG accusant les forces de sécurité d'avoir tué au moins 24 personnes et d'arrestations politiques arbitraires depuis l'annonce du résultat constesté de la présidentielle, a indiqué jeudi le ministre de la Justice.

"Nous allons ouvrir des enquêtes, procéder aux recherches.(...) Donc on est parti pour quelques jours pour essayer de documenter ensemble et mutuellement (avec les ONG) ces différents cas", a déclaré à l'AFP le ministre Emmanuel Luzolo Bambi, précisant avoir été en contact ce jeudi matin avec le parquet pour lui faire parvenir "une injonction".

Jeudi, l'ONG Human rights watch (HRW) a affirmé qu'"au moins 24 personnes ont été tuées par les forces de sécurité entre les 9 et 14 décembre", en tirant notamment "sur des petites foules, apparemment pour empêcher la tenue de manifestations contre" la réélection du président sortant Joseph Kabila, rejeté par l'opposition.

Amnesty International a accusé mercredi les forces de sécurité d'avoir procédé à une "vague d'arrestations politiques (...) arbitraires et illégales" ayant ciblé "des civils, des journalistes, des avocats et des responsables de l'opposition politique, mais aussi des agents des forces de sécurité" originaires des "fiefs de l'opposition".

Le Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'Homme (BCNUDH), l'ONG congolaise Voix des sans Voix et HRW ont aussi dénoncé des arrestations arbitraires.

Les ONG mettent en cause la Garde républicaine, chargée de la sécurité du président, et aussi la police.

"S'il apparaît que les faits qui sont dénoncés sont avérés, la justice prendra des sanctions", a affirmé le ministre de la Justice..

"Nous n'avons pas encore recueilli l'information ni des bâtonniers, ni de la part de l'Union de la presse congolaise", sur des arrestations de journalistes ou d'avocats, a-t-il précisé.

Selon M. Luzolo Bambi, un "centre d'alerte" au ministère de la Justice répertorie "tous ces crimes, tous ces actes déviants qui sont en train de se commettre"."Beaucoup de condamnations pour crimes graves" ont été prononcés, a-t-il affirmé.

HRW avait déjà dénoncé la mort de 18 civils entre le dernier jour de la campagne et le jour du vote -26 au 28 novembre- en accusant la Garde républicaine.La Justice attend toujours les "preuves" des accusations de l'ONG.

"Nous sommes là pour faire en sorte, ensemble, le gouvernement et les ONG que les droits de l'Homme puissent être garantis (...) Il n'y a pas de sang de l'opposition, pas de sang du pouvoir.Il n'y a que le sang", a déclaré M. Luzolo Bambi

Le président Kabila, déclaré réélu malgré de multiples irrégularités dénoncées pendant le scrutin, a été investi mardi pour un nouveau quinquennat.

Arrivé deuxième (32,33%), le principal opposant Etienne Tshisekedi a rejeté les résultats, s'est autoproclamé "président élu", et veut prêter serment vendredi dans un stade de Kinshasa.