RDC : inquiétude face à la recrudescence d'enlèvement contre rançon dans l'est

5 septembre 2018 à 15h25 par AFP

AFRICA RADIO

La société civile s'est inquiétée mercredi de la recrudescence d'enlèvements de civils avec demande de rançons exorbitantes dans l'est de la République démocratique du Congo où l'armée accuse les jeunes de complicité avec les groupes armés dans ces rapts.

Mardi, trois commerçantes et leur chauffeur ont été enlevés à Rushima, un village situé dans la plaine de la Ruzizi, selon Claude Misare, coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise d'Uvira (Sud-Kivu).En dix jours, huit personnes ont été enlevées dans la plaine de la Ruzizi située tout près de la frontière avec le Burundi, à une cinquantaine de km au sud de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, selon M. Misare.Le 1er septembre, deux agents de la Direction générale des douanes et accises (DGDA, la douane congolaise) ont été enlevés au poste frontalier de Vugizo, sur la rivière Ruzizi qui sépare la RDC du Burundi. "Ils sont encore entre les mains de leurs ravisseurs qui exigent 15.000 dollars pour leur libération", a ajouté M. Misare.Par ailleurs, un responsable de la société civile Aimable Masumbuko et le chef de localité de Mutarule sont portés disparus depuis une semaine alors qu'ils étaient partis "remettre une rançon pour faire libérer d'autres otages des mains des membres du groupe armé Kivuwe Songa", selon André Byadunia Mashaka, président de la jeunesse d'Uvira.Les acteurs de la société civile s'alarment de la recrudescence de l'insécurité depuis quelques semaines dans la plaine de la Ruzizi entre Bukavu et Uvira (vols, attaques, braquages)."La situation nous inquiète mais on a pas de choix car nous faisons les affaires sur cet axe même s'il est insécure", a déclaré à l'AFP un responsable d'une agence de voyage.Les six premiers mois de l'année, l'armée avait déployé un nombre important de militaires pour sécuriser la plaine de la Ruzizi. Après un temps d'accalmie, ces militaires ont été relevés, "nous sommes revenus à la case départ après le départ de ces militaires", a dit ce responsable.Un porte-parole de l'armée a accusé des jeunes de la région d'être complice de ces enlèvements."Ce sont essentiellement les jeunes du milieu en complicité avec les groupes armés qui enlèvent des personnes pour qu'ils aient de l'argent. L'armée prend ses dispositions et d'ici là ce réseau va être démantelé pour sécuriser la plaine de Ruzizi", a déclaré à l'AFP le capitaine Dieudonné Kasereka.