RDC: insécurité des civils là où la LRA est active

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Les populations civiles de République démocratique du Congo (RDC), qui vivent dans les zones où l'Armée de résistance du seigneur (LRA) est active, se sentent "totalement abandonnée" par l'ONU et leur gouvernement, selon une enquête de l'ONG Oxfam.

Dans la région du Haut Uélé, dans la Province orientale située à la frontière du Soudan, 62% des personnes interrogées par l'ONG se sentent moins en sécurité en 2011 qu'en 2010, 28% ont le sentiment que la menace reste la même et seulement 10% estiment que leur sécurité s'est améliorée, précise Oxfam, qui a interrogé en avril et mai 2011 plus de 1.700 personnes de la province orientale, du Nord et du Sud Kivu.

Les 3,3 millions de personnes qui vivent en Province orientale "sont parmi les plus insécurisées et isolées de l'est de la RDC", explique Oxfam dans son cinquième rapport annuel sur la RDC, "première enquête" de l'ONG "dans les zones où sévit la LRA".

Les personnes interrogées "se sentent totalement abandonnées et ont le sentiment que ni les forces de sécurité de l'ONU ni leur gouvernement ne se préoccupent de leur sécurité" face aux exactions (vols, extorsions, pillages, viols, etc.) des différents acteurs armés de la région, comme la LRA, mais aussi les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC), explique l'ONG.

Les personnes interrogées demandent notamment "que des salaires réguliers et davantage de rations alimentaires soient distribuées aux FARDC", afin que la population locale "ne porte plus le fardeau économique de cette situation" par le biais de barrages payants illégaux tenus par les FARDC.

Oxfam recommande que la priorité soit donnée "aux points identifiés par les communautés comme susceptibles d'améliorer leur sécurité, en particulier le paiement des salaires".

L'ONG juge aussi que "le déploiement des casques bleus doit être réévalué et considérablement augmenté".

Dirigée depuis 1988 par Joseph Kony, le mouvement de guérilla LRA est accusé de massacres de civils, de mutilations et d'enrôlements forcés d'enfants.Chassé d'Ouganda, où il a été créé, il demeure actif en Centrafrique et dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

Depuis septembre 2008, la LRA a tué plus de 2.300 personnes, en a enlevées plus de 3.000, et en a déplacées plus de 400.000 en RDC, Soudan et République centrafricaine.En RDC, 45.000 civils ont fui la LRA dans les six premiers mois de 2011.http://oxfamfrance.org/IMG/pdf/Oxfam-RDC-protection_des_civils_2011_fr_embargo.pdf