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RDC: la lutte contre Ebola suspendue à Beni

22 novembre 2019 à 16h31 Par AFP
Les activités de la lutte contre Ebola ont été "mises en veilleuse" vendredi dans les épicentres de l'épidémie, à Beni et à Butembo, dans l'est de la République démocratique du Congo, en raison des manifestations de colère après des massacres de civils. "Toutes nos activités sont concernées: sensibilisation, vaccination, enterrements sécurisés, etc. Mais nous n'avons pas arrêté de travailler. Nous continuerons d'être présents", a déclaré à l'AFP le Dr Jean-Jacques Muyembe, chef des experts en charge de la lutte anti-Ebola.La police et l'armée ont utilisé des gaz lacrymogène et des tirs de sommation pour disperser des manifestants qui s'en sont pris à une base des Casques bleus à l'entrée de Beni.Les manifestants reprochent aux Nations unies et aux autorités congolaises leur impuissance face aux massacres attribués au groupe armé ADF (Forces démocratiques alliées) qui ont fait plus de 60 morts parmi les civils dans la région depuis début novembre.Hormis à Beni et à Butembo, la campagne de vaccination contre Ebola se poursuivait normalement.A Goma, le professeur Muyembe a lui-même été vacciné, avec le deuxième vaccin utilisé dans la lutte contre l'épidémie depuis une semaine, a constaté une photographe de l'AFP.Au 20 novembre, 373 personnes avaient bénéficié du deuxième vaccin, produit par la firme Janssen Pharmaceuticals pour la société américaine Johnson & Johnson, dans deux centres à Goma.Par ailleurs, 254.768 personnes ont reçu une injection du premier vaccin du groupe américain Merck Shape and Dohme utilisé depuis le début de l'épidémie en août 2018, d'après le dernier bulletin épidémiologique diffusé jeudi soir.Les deux vaccins sont utilisés à titre d'essai clinique. Le premier est en cours d'homologation par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).Le professeur Muyembe a tempéré l'optimisme du président de la République Félix Tshisekedi qui a parlé d'"éradiquer" la maladie d'ici à la fin de l'année."Je n'ai jamais dit que le virus est éradiqué mais qu'il est maîtrisé. Actuellement, le nombre de cas a fortement diminué. On tourne autour de 10 cas par semaine, comparé au mois de juillet où nous arrivions à 90 cas par semaine. Il y a donc l'espoir que d'ici la fin du mois nous allons maîtriser (l'épidémie)", a-t-il déclaré à l'AFP.