RDC: mise à l'écart d'Albert Yuma, le président pro-Kabila du syndicat patronal

23 décembre 2020 à 18h29 par AFP

AFRICA RADIO

Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma, un proche de l'ex-chef de l'Etat Joseph Kabila, a été écarté mercredi, nouvel épisode d'une élection interne controversée sur fond de crise politique en République démocratique du Congo.

"A la suite d'une élection sous la supervision du Conseil d'Etat, Dieudonné Kasembo a été élu par 14 administrateurs sur plus de 135", a indiqué à l'AFP une source interne à la FEC. Candidat unique, le nouvel élu est associé-gérant d'une entreprise de déménagement et de dédouanement, Gécotrans.L'élection de ce mercredi était la seconde à la tête de la FEC en moins d'un mois.Albert Yuma, 65 ans, était le tout-puissant patron de la FEC depuis 15 ans. L'homme est par ailleurs président du Conseil d'administration de la société publique minière Gécamines, fleuron industriel du pays.Homme d'affaires qui a fait fortune dans le textile, M. Yuma est un proche de l'ex-président Joseph Kabila, dont la famille politique subit depuis début décembre une offensive du président Félix Tshisekedi.M. Yuma était aussi un pourfendeur d'ONG étrangères comme Global Witness, qui ont avancé en 2017 que 750 millions de dollars avaient été détournés des caisses de la Gécamines à la fin des années Kabila (2001-2019).Fin novembre, M. Yuma avait été réélu pour un sixième mandat de trois ans, en étant le seul candidat.Sa réélection avait été annulée par le Conseil d'État, saisi par Dieudonné Kasembo, dont la candidature avait alors été écartée.Dans un premier temps, la FEC avait refusé de se plier à la décision du Conseil d'État, qui demandait de nouvelles élections à bulletins secrets.Dans une lettre du 22 décembre, les avocats de la FEC ont contesté la légalité du nouveau scrutin.Une source de la FEC estime que la mise à l'écart de M. Yuma est "politique" dans le contexte actuel.Le 6 décembre, le président Tshisekedi a mis fin à la coalition au pouvoir qu'il formait avec la majorité parlementaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.Dans la foulée, le président a demandé un changement de majorité parlementaire pour mettre en oeuvre sa politique de réformes soutenue par l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis.