RDC: perpétuité requise contre un chef rebelle jugé pour des viols de masse en 2018

28 octobre 2019 à 14h57 par AFP

AFRICA RADIO

La justice militaire congolaise a requis lundi la prison à perpétuité contre un chef rebelle poursuivi pour des viols de masse en 2018 dans l'est de la République démocratique du Congo.

Le ministère public demande "la prison à vie" contre les "prévenus Frédéric Masudi Alimasi, alias Koko-di-Koko, Mwilo Katindi et Samitamba Makese Raphaël", a déclaré le Major Apollinaire Yoma Mukoko, procureur militaire, lors d'une audience publique.Selon le procureur, les milices de Koko-di-Koko ont "perpétré des exactions contre plus de trois cents victimes dont des enfants et des femmes" dans plusieurs villages des territoires de Mwenga et de Shabunda dans la province du Sud-Kivu. Les trois hommes ont "effectivement commis les infractions de crime contre l'humanité par viol, torture, meurtre, par emprisonnement, esclavage sexuel, disparition forcée et autres actes inhumains notamment le pillage et destruction des biens", a-t-il détaillé.Par contre, "les prévenus Mukulukilwa Mubake Justin et Shabani Muganza Nonda devraient être relaxés par le tribunal" faute de "preuves suffisantes", a ajouté l'officier dans son réquisitoire.Ouvert mi-septembre, le procès du chef rebelle Koko-di-Koko et de ses quatre coaccusés a été délocalisé pendant un mois vers des villages où les faits s'étaient déroulés.Les cinq hommes sont accusés de crimes contre l'humanité, par emprisonnement, viol, torture, disparition forcée, meurtre, réduction en esclavage, ainsi que participation à un mouvement insurrectionnel.Dans la nuit du 8 au 9 février 2018, Masudi Alimasi et ses miliciens du groupe armé Raïa Mutomboki sont accusés d'une incursion dans le village de Kabikokole, dans le Sud-Kivu. Ils ont "pris en otage plus d'une centaine de femmes (...) pour les violer l'une après l'autre", soutient la Fondation Panzi du prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, partie civile.En avril 2018, la même milice avait été accusée d'avoir commis des exactions similaires dans six autres villages, selon le procureur et les avocats des parties civiles.