RDC: renforcement des équipes anti-corruption

20 juillet 2020 à 16h47 par AFP

AFRICA RADIO

Deux responsables de la lutte contre la corruption ont été récemment nommés en République démocratique du Congo, où un dernier hommage a été rendu lundi au magistrat décédé alors qu'il présidait les audiences d'un procès anti-corruption sans précédent.

"Le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a nommé, dimanche, par ordonnance, maître Ghislain Kikangala, en qualité de coordonnateur de l'Agence de Prévention et de Lutte contre la corruption (APLC)", a rapporté l'Agence congolaise de presse (ACP).Le président Tshisekedi a également nommé un procureur, Kisula Betika Yeye Alder, à la tête de la Cellule nationale des renseignements financiers (Cenaref), pour lutter contre le blanchiment de capitaux.Cette annonce a réjoui l'ambassade des Etats-Unis à Kinshasa, soutien affiché du président Tshisekedi dans sa lutte contre la corruption.Sur Twitter, l'ambassade américaine a proposé "une assistance technique afin de renforcer les enquêtes sur le blanchiment des capitaux".Kisula Betika Yeye avait décidé le 8 avril le placement en détention préventive de l'ex-directeur de cabinet du président de la République, Vital Kamerhe, condamné fin juin à 20 ans de prison pour détournements de fonds.Lundi, en présence du président Tshisekedi, un dernier hommage a été rendu au magistrat Raphaël Yanyi, qui avait présidé les deux premières audiences du procès Kamerhe avant de décéder brutalement le 27 mai."Tous les rapports indiquent que ta mort n'est pas naturelle. Nous restons convaincus que la République ne laissera pas ce crime impuni", a déclaré l'un des jeunes fils du juge dans son oraison funèbre.Le ministre congolais de la Justice avait annoncé mi-juin l'ouverture d'une enquête judiciaire pour "élucider les circonstances" du "meurtre" du magistrat Yanyi.Le procès en appel de M. Kamerhe est annoncé pour le 24 juillet.Il a été condamné pour le détournement de 50 millions de dollars alloués au financement du programme dit des "100 jours" du président de la République.Dans un autre volet de cette affaire, un tribunal de Kinshasa s'est déclaré lundi incompétent sur le cas de l'entrepreneur américain David Blatter, qui avait fait également de la détention préventive.