RDC: six civils arrêtés en train d'exploiter les mines malgré l'interdiction

5 novembre 2010 à 17h31 par La rédaction

KINSHASA (RDCongo) (AFP)

Six personnes ont été arrêtées en train d'exploiter des mines illégalement et 2,5 tonnes de cassitérite ont été saisies, dans l'est de la RD Congo où l'exploitation minière est suspendue depuis septembre, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

"Six civils ont été interpellés et mis aux arrêts la semaine dernière, on les a trouvés en flagrant délit d'exploiter la cassitérite à Bunakwa", à 50 km de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le capitaine Victor-Destin Mongombo, chef du parquet militaire à Walikale.

"Nous sommes en train de mener des enquêtes pour remonter la filière car à les entendre parler, c'est comme s'ils bénéficient de la protection des autorités civiles et militaires qui les incitent à commettre de tels actes", a-t-il poursuivi.

L'officier a par ailleurs ajouté que "57 colis de cassitérite, pesant 2 tonnes et demie, ont été saisis hier (jeudi) à Njingala", à une quarantaine de kilomètres de Walikale, et "ceux qui les détenaient ont pris la fuite".

"Nous continuons à mener des enquêtes pour savoir à qui appartiennent ces colis", a-t-il ajouté, précisant qu'ils provenaient de Bisié, la plus grande mine de cassitérite de la région.

Le 10 septembre, l'exploitation minière dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema, a été suspendue par le président congolais, Joseph Kabila.

Le chef de l'Etat avait alors "fait le constat amer" que "l'ampleur" de l'exploitation minière dans cette région résultait "du fait des activités de groupes mafieux qui confortent (...) l'insécurité récurrente".

Il avait dénoncé "l'implication" d'autorités civiles et militaires dans l'exploitation et le commerce illicites des minerais dont la région regorge (cassitérite -minerai d'étain utilisé dans la soudure-, coltan utilisé dans les téléphones et ordinateurs portables, or...).

Dans la foulée, l'armée avait mené des opérations dans le territoire enclavé de Walikale où des mines sont exploitées illégalement par des groupes armés, mais aussi par certains militaires dont des officiers ex-membres de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), rallié à Kinshasa début 2009.

Fin octobre, le ministre des Mines a demandé aux gouverneurs des trois provinces de faire l'état des lieux sur les sites d'exploitation avant la levée de la mesure de suspension.