RDC: suspension des négociations entre Kinshasa et le M23 (gouvernement et rebelles)

Par La rédaction

Kinshasa (AFP)

Les négociations de Kampala entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23 sont supendues, ont indiqué lundi à l'AFP des représentants des deux parties.

"Les négociations sont suspendues", a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.Roger Lumbala, délégué du M23 à Kampala, a lui parlé d'un "blocage", indiquant que les rebelles étaient prêts à reprendre le dialogue qui se déroule sous la médiation de l'Ouganda.

Interrogé sur l'arrêt des discussions, M. Mende a évoqué un "désaccord sur l'étendue de l'amnistie" des rebelles, ainsi que sur leur "intégration au sein des FARDC", les Forces armées de la RDC.

M. Lumbala, du M23, a pour sa part expliqué que l'équipe du gouvernement n'avait pas accepté qu'il soit son interlocuteur dans la "commission militaire" parce qu'il avait, selon Kinshasa, "insulté" le président congolais Joseph Kabila.

M. Lumbala dit soutenir le principal opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté le résultat des élections présidentielle et législatives contestées du 28 novembre 2011, remportées par le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila et les partis qui le soutiennent.

En janvier 2013, l'Assemblée nationale avait invalidé le mandat de député de M. Lumbala pour absentéisme et le gouvernement suspendu les activités de son parti, le Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD/N), en raison du soutien de M. Lumbala au M23 (Mouvement du 23 mars).

Le M23 est actif depuis mai 2012 dans la province du Nord-Kivu.Il est né de la mutinerie d'anciens rebelles réintégrés dans l'armée à la faveur d'un accord de paix signé en 2009, et dont ils réclament la pleine application.L'ONU accuse régulièrement le Rwanda et l'Ouganda de le soutenir, ce que ces deux voisins de la RDC démentent.

Les pourparlers de paix avaient repris à Kampala le 10 septembre après plusieurs mois d'interruption.Elles étaient censées durer deux semaines.

L'ONU et les envoyés spéciaux de la communauté internationale ont publié lundi un communiqué exhortant les deux camps "à faire preuve d'une retenue maximale sur le terrain pour permettre la conclusion de leur dialogue", espérant "que des progrès supplémentaires (puissent) peuvent être faits dans les jours qui viennent sur les questions importantes en suspens".