RDC: tout débat sur les massacres à Beni étouffé, accuse un groupe d'élus

20 avril 2018 à 17h00 par AFP

AFRICA RADIO

Un groupe d'élus de la province troublée du Nord-Kivu a accusé l'Assemblée nationale d'étouffer tout débat public, sur les massacres des civils dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP.

Le 16 avril, une plénière avait été convoquée à la chambre basse pour débattre d'une motion contre le ministre de la Défense congolais sur "l'incapacité du gouvernement de la République à mettre fin aux massacres des populations civiles à l'Est du pays", selon ce communiqué signé par douze députés d'opposition et un de la majorité présidentielle.L'examen de cette question avait alors été bloqué par l'intervention d'une élue de la majorité, soutenue par ses collègues, évoquant le "secret défense"."Le fait pour l'Assemblée nationale d'étouffer tout débat public sur le massacre des populations congolaises notamment à Beni, Lubero, Rutshuru, renforce le sentiment d'abandon total d'une partie du peuple congolais livré à l'holocauste des tueurs sans foi ni loi par les plus hautes institutions de la République", ont écrit les 13 élus.L'est de la RDC est déchiré par des conflits armés depuis 23 ans, des dizaines de groupes armés locaux et étrangers y sont encore actifs.Parmi eux, les ADF, rebelles ougandais musulmans. Ils sont accusés par la Mission de l'ONU en RDC et le gouvernement congolais d'être responsables d'une série de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.Cette version a été remise en cause en 2015 par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo de l'Université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF, mais aussi d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.