RDC: Tshisekedi entame des consultations en pleine crise avec ses alliés pro-Kabila

2 novembre 2020 à 12h54 par AFP

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Le président congolais Félix Tshisekedi, en plein bras de fer avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, majoritaire au parlement, a entamé lundi des "consultations nationales" en vue d'une "union sacrée de la nation", en République démocratique du Congo.

"Ces consultations visent la refondation de l'action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays", avait déclaré le chef de l'État le 23 octobre dans une adresse à la nation.Le bureau de la commission électorale (Céni) a été reçu en premier par le chef de l'État au siège de la présidence congolaise pour cette première journée des consultations, a constaté un journaliste de l'AFP.Des échanges ont porté sur "la nécessité de la stabilisation du pays et de la paix", a déclaré Corneille Nangaa, de la Céni."Comme Céni, nous avons présenté à l'autorité de Félix Tshisekedi la nécessité de la tenue des prochaines élections générales en 2023", a-t-il ajouté.Interrogé sur la capacité de la Céni à organiser les législatives dans 90 jours en cas de dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République, M. Nangaa a estimé qu'il sera d'abord nécessaire de nommer des nouveaux animateurs de la Céni étant donné que son bureau est hors mandat. Le mandat des animateurs du bureau de la Céni a expiré depuis juin 2019.Les consultations sont lancées alors que la tension persiste entre M. Tshisekedi et le Front commun pour le Congo (FCC) de M. Kabila, majoritaires au Parlement, au gouvernement et dans les Assemblées provinciales.Investi le 24 janvier 2019, l'ancien opposant Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC de son prédécesseur Kabila avec qui il a signé un accord politique.Le 21 octobre, M. Tshisekedi a présidé la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle qu'il a nommés en juillet, malgré l'opposition de ses partenaires du FCC.Le FCC avait alors accusé le président d'avoir fait "le choix délibéré de violer la constitution" et qualifié la cérémonie "d'irrégulière" pour "des personnalités nommées de manière illégale".La Cour constitutionnelle a le pouvoir de valider ou invalider les candidatures à la présidentielle, mais également les résultats de ce scrutin.La prochaine élection présidentielle est prévue fin 2023.La nomination du nouveau président de la Céni avait été au coeur d'un précédent bras de fer entre les partisans de M. Tshisekedi et leurs partenaires pro-Kabila.