RDC: un correspondant de RFI de nouveau devant la justice, RSF demande l'abandon des poursuites

Par AFP

AFRICA RADIO

L'un des correspondants de Radio France internationale (RFI) en République démocratique du Congo, poursuivi en diffamation par un ex-ministre et sénateur, a de nouveau comparu mardi devant la justice, avec le soutien de la radio publique française et de l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Pascal Mulegwa a comparu devant un tribunal en présence de l'auteur de la plainte, l'ex-ministre des Transports et sénateur José Makila, absent à la première audience du 1er octobre. L'affaire a été renvoyée au 29 décembre.Le journaliste avait signé pour RFI le 20 septembre une correspondance sur "des soupçons d'escroquerie autour de Transco, la société de transports en commun".Il citait le rapport d'une ONG, l'Observatoire de la dépense (Odep), "qui accusait le sénateur d'avoir détourné de l'argent pour financer sa campagne électorale", selon un communiqué de RFI.L'ex-ministre accuse le journaliste de lui avoir "publiquement imputé un fait précis" de nature à "porter atteinte" à son "honneur", selon la convocation judiciaire."RFI assure avoir proposé à de nombreuses reprises au sénateur José Makila d'exercer son droit de réponse, ce qu'il n'a pas souhaité faire jusqu'ici", ajoute la radio, très écoutée en RDC.A l'audience, les avocats du journaliste ont demandé la comparution des auteurs du rapport de l'Odep, ainsi que des responsables de la société Transco."RFI fait confiance à la justice congolaise et assure son correspondant de tout son soutien", poursuit la radio publique française, qui assure faire "tout ce qui est son pouvoir pour que ses droits soient respectés"."Pascal Mulegwa n'a rien à se reprocher", estime l'ONG Reporters sans frontières (RSF), demandant "l'abandon de toutes les charges retenues contre ce journaliste"."Cette affaire témoigne des intimidations que continuent de subir les journalistes en RDC", ajoute la porte-parole de RSF, Pauline Adès-Mével, cité dans le communiqué."La RDC occupe la 150e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020", rappelle l'ONG baée à Paris.Mardi également, l'Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a exigé "la libération sans condition" d'un autre journaliste, Pius Romain Rolland Goie.L'organisation professionnelle affirme qu'il a été victime d'un enlèvement "organisé" par un député, après une tentative de "solution à l'amiable" entre les deux hommes.