RDC: un proche du chef de l'Etat sur le front d'un conflit oublié

Par AFP

AFRICA RADIO

Un proche du président de la République démocratique du Congo s'est rendu mardi sur les lieux d'un conflit oublié entre milices qui touchent des civils dans l'est de la République démocratique du Congo, où l'armée et l'Etat tentent de réaffirmer leur autorité.

Chef de cabinet et premier allié politique du président Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe s'est déplacé à Minembwe, sur les hauts plateaux du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, théâtre de violences depuis plusieurs semaines.Les affrontements opposent quatre communautés, dont les Banyamulenge rwandophones et éleveurs."Toutes les communautés ont reconnu avoir un groupe d'autodéfense armé et qui se fait accompagner par des groupes armés étrangers", a déclaré un porte-parole de l'armée congolaise, le colonel Antoine Byagola, cité par la radio onusienne Okapi.Les pays voisins sont le Burundi et surtout le Rwanda, dont des rumeurs d'intervention dans le conflit n'ont jamais été démontrées.Le président Félix Tshisekedi avait annoncé des opérations militaires d'envergure à Minembwe et en Ituri, dans son message à la nation pour la fête de l'indépendance du 30 juin.Les opérations ont été confiées au général Gabriel Amisi, alias Tango Four, l'une des 14 personnalités congolaises encore sous sanctions de l'Union européenne pour des atteintes aux droits humains sous l'ancien président, Joseph Kabila."Le général leur a demandé (aux milices) de déposer les armes et de laisser l'armée les protéger", a ajouté le porte-parole de l'armée.Le conflit a lourdement touché les civils de toutes les communautés dans cette région difficile d'accès, selon une source locale."Destruction massive de villages", "déplacements forcés de population", "attaques contre des centres et des personnels de santé", "violences sexuelles", ont confirmé des sources humanitaires et onusiennes.Il y aurait "plusieurs dizaines de morts", selon la presse congolaise.Le gouvernement a promis 550.000 dollars d'aide humanitaire aux victimes du conflit."Cette somme va servir à toutes les communautés: les Bembe, Banyamulenge, Bafuliro, Bashi... Elle va servir à acheter de la nourriture à distribuer aux déplacés, mais également à acheter des tôles pour refaire les villages entièrement brûlés", a déclaré un représentant du gouvernement central accompagnant M. Kamerhe.