RDC: une manifestation pour la libération de Kamerhe dispersée à Kinshasa

Par AFP

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La police congolaise a dispersé vendredi une marche des partisans de Vital Kamerhe, allié et ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, qui comparaîtra en appel lundi après sa condamnation dans une affaire de détournement d'argent public, a-t-on appris auprès de son parti.

Des centaines de manifestants ont tenté de marcher dans le centre de Kinshasa pour obtenir la libération de M. Kamerhe, condamné "sans preuves", selon eux, à 20 ans de prison en première instance pour détournement de 50 millions de dollars alloués à des travaux d'urgence du président Tshisekedi."Malgré le repli des militants de l'UNC (Union pour la nation congolaise) dans l'enceinte du siège de notre parti, l'escadron de la mort a largué plus de 20 bombes lacrymogènes transformant ce lieu en une chambre à gaz", a dénoncé à l'AFP l'ancien ministre Billy Kambale, président de la jeunesse de l'UNC."Le gouverneur de la ville de Kinshasa était informé de l'organisation de notre marche. La brutalité exercée sur nos militants est en flagrante contradiction avec l'Etat de droit prôné par le chef de l'Etat", a déploré M. Kambale."Toutefois, dans plusieurs autres villes du pays, nos militants ont pu marcher", a indiqué M. Kambale.La police n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP pour donner sa version des faits.Figure politique incontournable dans l'est de la RDC, M. Kamerhe s'était désisté en faveur du président Tshisekedi lors de la présidentielle de décembre 2018 et avait battu campagne en sa faveur.Proclamé vainqueur, le nouveau président l'a nommé en janvier 2019 chef de son de cabinet, faisant de lui le principal responsable de la gestion des travaux d'urgence qui devaient lancer le mandat du chef de l'Etat.En août, un tribunal de Kinshasa l'a condamné à 20 ans de prison et à 10 ans d'inéligibilité pour détournement de 50 millions de dollars, avec un homme d'affaire libanais qui avait gagné le marché de construction des maisons préfabriquées pour des militaires et des policiers.M. Kamerhe a toujours nié avoir détourné cet argent, affirmant que ces maisons préfabriquées attendaient toujours d'être acheminées en RDC, à condition que le gouvernement accepte de prendre en charge l'affrètement des navires.