Répression des manifestations au Nigeria: 60 personnalités demandent justice

10 décembre 2020 à 13h21 par AFP

AFRICA RADIO

Soixante personnalités dans le monde demandent justice au président nigérian Muhammadu Buhari après la sévère répression des manifestations qui ont secoué le Nigeria en octobre, dans une lettre ouverte rendue publique jeudi à l'occasion de la journée internationale des droits de l'Homme.

"Cher président Buhari, les Nigérians méritent mieux (...), nous sommes consternés et outragés par la réponse violente de votre administration aux manifestations pacifiques #Endsars, qui se sont déroulées au Nigeria en octobre", écrivent-elles dans cette lettre adressée au chef de l'Etat.La co-fondatrice du mouvement américain contre les violences policières Black Lives Matter, Opal Tometi, est à l'origine de cette lettre, notamment signée par la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, la chanteuse américaine Alicia Keys ou encore la journaliste française Rokhaya Diallo."En tant que personnes ayant soutenu le mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis (...) nous ne pouvons restés silencieux lorsque des atrocités similaires se déroulent dans des pays africains", écrivent ces personnalités.Les signataires appellent notamment le président à faire "libérer tous les manifestants emprisonnés", à poursuivre les autorités responsables de la mort de manifestants à Lagos, et à la levée de l'interdiction de manifester. Le mouvement baptisé #endSARS contre les violences policières a secoué le Nigeria tout au long du mois d'octobre et dégénéré en émeutes contre le pouvoir, violemment réprimées par les forces de l'ordre. Amnesty International a dénombré au moins 56 morts dans tout le pays mais c'est une fusillade le 20 octobre à Lagos, au péage de Lekki, épicentre de la contestation dans cette mégapole, qui a déclenché une vague d'émotion à travers le monde. Des militaires avaient tiré sur un millier de manifestants, tuant au moins 10 d'entre eux, selon l'ONG. L'armée a nié avoir tiré à balles réelles sur ces manifestants. Selon les autorités nigérianes, plus de 100 personnes ont été tuées durant le mouvement, dont 43 membres des forces de sécurité.Fin octobre, le calme est revenu dans les grandes villes du pays mais les principaux leaders de la contestation ont à plusieurs reprises accusé le gouvernement de les prendre pour cible et de les intimider.Ils affirment également que de nombreux manifestants arrêtés sont toujours détenus illégalement par la police.