Reprise des heurts au Caire entre manifestants et policiers

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Les affrontements ont repris lundi entre policiers et manifestants au Caire, avec des appels lancés pour des actions à l'occasion du premier anniversaire de la chute du régime de Hosni Moubarak.

Les affrontements, qui s'étaient poursuivis durant la nuit avant de s'interrompre dans la matinée, ont repris en début d'après-midi, avec des échanges de jets de pierres entre forces de l'ordre et protestataires, selon un photographe de l'AFP.

La police a également tiré à la chevrotine, selon des témoins, contre les manifestants dans les rues de ce secteur proche de la place Tahrir menant au ministère de l'Intérieur, où des heurts ont lieu depuis jeudi.

Les forces de sécurité sont accusées d'être restées passives face aux violences qui ont fait 74 morts mercredi soir à l'issue d'un match de football à Port-Saïd (nord).

Ces manifestations ont relancé la contestation contre le pouvoir militaire, à la tête du pays depuis le départ de M. Moubarak le 11 février 2011 sous la pression de la rue.

Douze personnes ont perdu la vie et plus de 2.500 ont été blessées depuis jeudi dans les affrontements au Caire et à Suez (nord-est), selon un bilan officiel.

Au Caire, les policiers ont érigé des murs dans plusieurs rues menant au ministère de l'Intérieur pour empêcher les manifestants de passer.

L'éditorialiste Amr Chobaki souligne dans le quotidien indépendant Al-Masry Al-Yom la difficulté de rétablir la confiance dans un ministère de l'Intérieur toujours discrédité aux yeux de nombreux Egyptiens.

"Le problème de ce ministère est complexe, en raison de son rôle sous l'ancien régime et la collusion entre certains de ces chefs actuels et l'ancien système", écrit-il.

"Une fois ce ministère purgé et restructuré, les gens retrouveront confiance et pourront le soutenir", ajoute M. Chobaki, également député libéral dans la nouvelle assemblée.

Des étudiants de plusieurs universités ainsi que des groupes de militants pro-démocratie ont par ailleurs appelé à des grèves et des actions de "désobéissance civile" pour l'anniversaire du départ de M. Moubarak.

Les manifestants et des commentateurs accusent des partisans de l'ancien président et de son ministre de l'Intérieur Habib el-Adly -aujourd'hui jugé avec M. Moubarak- d'avoir provoqué les violences de Port-Saïd.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'en "réponse aux demandes des manifestants" il allait placer dans cinq établissements pénitentiaires différents les proches de M. Moubarak et anciens membres de son régime actuellement détenus à la prison de Tora, au sud du Caire.

Cette mesure concerne notamment les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, qui resteront toutefois ensemble.

Et une unité médicale est en préparation à Tora afin que M. Moubarak, actuellement en détention dans un hôpital militaire du Caire, puisse y être transféré, a ajouté le ministère.