Reprise des ventes aux enchères de diamants au Zimbabwe

Par La rédaction

HARARE (AFP)

Une vente aux enchères des diamants a débuté mercredi à Harare sous supervision du régulateur du secteur qui l'a autorisée après avoir constaté des progrès en matière des droits de l'Homme dans les mines de Marange, dans l'est du Zimbabwe, a constaté un journaliste de l'AFP.

"900.000 carats ont été certifiés.Ce sont des diamants de grande qualité dont le prix est estimé à 80 dollars par carat", a déclaré Abbey Chikane, le représentant au Zimbabwe du processus de Kimberley (KP), un système de certification internationale qui vise à proscrire la vente de "diamants du sang".

Des acheteurs internationaux participaient à l'aéroport de Harare à cette première vente aux enchères depuis la suspension, en novembre, du commerce des diamants de Marange par le KP en raison de graves violations des droits de l'Homme.

Cette vente, sous supervision du processus de Kimberley et du cabinet d'audit Ernst & Young, ne concerne que les diamants extraits ces deux derniers mois, date à laquelle le Zimbabwe s'est conformé aux exigences du KP dans le domaine des droits de l'Homme.Une deuxième vente est prévue d'ici septembre.

"C'est un moment historique car nous avons réussi à observer les règles de base du processus de Kimberley", a déclaré le Premier ministre Morgan Tsvangirai devant les participants.

"Nous avons mis en place des mesures pour s'assurer que nous respectons les principes du processus de Kimberley et vendons nos diamants de manière transparente", a-t-il affirmé.

Selon les autorités, le pays possède 4,5 millions de carats en stocks, évalués par le gouvernement à 1,7 milliard de dollars, soit plus de la moitié du budget national.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme se sont opposées à la reprise des ventes des diamants de Marange.Human Rights Watch a fait état en juin de nouvelles violations, des soldats auraient imposé des travaux forcés, torturé et battu des travailleurs.

Les "diamants du sang", provenant de pays où ces pierres servent notamment à l'achat d'armes et où les droits de l'Homme sont violés, sont revenus sur le devant de la scène avec le procès de l'ex-président du Liberia Charles Taylor.

La mannequin Naomi Campbell avait témoigné la semaine dernière à La Haye devant le Tribunal spécial pour le Sierra Leone (TSLL) au sujet de petits diamants bruts que lui aurait offert Charles Taylor en 1997.

Taylor plaide non coupable de onze crimes, notamment de meurtres, de viols et d'enrôlement d'enfants soldats pendant la guerre civile en Sierra Leone, qui a fait 120.000 morts.