Retour en France des quatre ex-otages du Niger, questions autour d'une rançon

Par La rédaction

Aéroport de Villacoublay (France) (AFP)

Amaigris et émus, les quatre ex-otages du Niger ont retouvé  leurs proches sous un beau soleil d'automne mercredi à Villacoublay, après plus de trois ans d'une terrible absence et alors que des questions se posent sur le paiement d'une éventuelle rançon.

A leur sortie de l'appareil, une joie intense.Daniel Larribe, 62 ans, barbe grise et regard clair, tombe dans les bras de son épouse Françoise et de ses deux filles en larmes.Le sourire de l'immense Thierry Dol, 32 ans, lunettes noires et écharpe grise, domine cette image de groupe.

Plus discrets, Marc Féret, 46 ans, et le benjamin Pierre Legrand, seulement 28 ans, chèche olive autour du cou, semblent aussi plus éprouvés.

"C'est une immense joie", déclare quelques instants plus tard le président François Hollande, encadré des quatre hommes qui sont restés silencieux face à la presse.Au nom de "leur liberté" retrouvée, suggère le président, qui salue "leur courage après trois ans d'épreuves, d'attente, de souffrance".

Marc Féret en particulier, visage caché par des lunettes noires et buste penché en avant, paraît très affecté."C'est sûr que l'on retrouve quelqu'un de changé.Les épreuves ont très certainement joué", confie sa soeur Christiane aux caméras, après l'avoir longuement serré dans ses bras.

Les filles de M. Larribe sont elles enchantées d'avoir retrouvé "l'humour" de leur père: "On le retrouve égal à lui-même, ça fait chaud au c�?ur".

Libérés mardi de leurs ravisseurs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique(Aqmi), les quatre anciens otages avaient décollé de Niamey au petit matin.

Selon une source proche des négociateurs nigériens, entre 20 et 25 millions d'euros auraient été versés en vue de leur libération."La France ne verse pas de rançon", a-t-on fermement répété dans l'entourage du président Hollande et le groupe Areva, interrogé par l'AFP, a mis en avant le même démenti.

"Les Nigériens nous ont énormément aidés, il faut leur tirer un coup de chapeau", avait déclaré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avant de monter dans le Falcon siglé "République française" ramenant les ex-otages de Niamey.

Bilan de santé au Val-de-Grâce

"Formidable moment", a commenté Jean-Marc Ayrault en sortant du Conseil des ministres, rappelant qu'il fallait "penser à tous ceux qui restent et pour lesquels la France va continuer à se battre".

Les quatre ex-otages avaient pu tailler ou raser leurs épaisses barbes avant leur retour.Les premières photos d'eux, à leur libération, les avaient montrés en djellabas sombres, des chèches enroulés sur la tête.

"Ca a été très difficile, mais c'est une épreuve de la vie", avait déclaré Thierry Dol.

Laurent Fabius avait précisé que Daniel Larribe, "un homme posé", avait "pendant très longtemps" été "complètement isolé des autres et n'avait donc absolument aucune nouvelle" alors que d'autres ont pu, à certains moments, écouter la radio.

Les ex-otages se sont rendus à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce pour un bilan, avant de retrouver leurs proches dans la soirée dans un hôtel parisien, selon le Quai d'Orsay.

Les circonstances précises de leur libération, après trois longues années dans le désert sahélien, ne sont pas connues.

Ils avaient été enlevés sur un site minier du géant nucléaire français Areva à Arlit (Niger) le 16 septembre 2010.Détenus ensemble puis séparément, selon plusieurs sources sécuritaires, ils avaient été regroupés ces derniers jours dans l'extrême nord malien.

Ils ont été ramenés mardi à Niamey en hélicoptère depuis la région d'Anefis, au sud-ouest de Kidal, fief des Touaregs, situé dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.

Une information judiciaire a été ouverte mardi au tribunal de Paris sur leur enlèvement.Une plainte avait été déposée en juin dernier par des proches de Pierre Legrand qui dénonçaient de possibles manquements à la sécurité d'Areva et d'une filiale du groupe Vinci, son employeur.

Sept Français restent otages dans le monde: Serge Lazarevic et Gilberto Rodriguez Leal au Sahel, Francis Collomp au Nigeria, et quatre journalistes en Syrie, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès.