Réunion du Conseil de sécurité en vue d'imposer des sanctions contre Kadhafi

26 février 2011 à 19h25 par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP)

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni pour la deuxième journée consécutive samedi pour tenter d'imposer des sanctions sévères au régime libyen du colonel Mouammar Kadhafi en vue d'arrêter la répression sanglante dans le pays.

Les quinze pays membres du Conseil se penchent sur un projet de résolution rédigé par les Occidentaux qui avertit Mouammar Kadhafi qu'il pourrait être poursuivi pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI).Leurs consultations ont débuté peu avant 12H00 (17H00 GMT).

Le projet de résolution prévoit un arsenal de sanctions dont un embargo sur la vente d'armes à la Libye, une interdiction de voyages pour le colonel Kadhafi et un gel de ses avoirs.

"J'ai été surpris qu'il y ait une telle communauté de vues entre les membres du Conseil.C'est un tremblement de terre.Quelque chose se passe, pas seulement dans le monde arabe, mais dans cette organisation", a souligné samedi l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud.

"Bien sûr il y a des nuances, mais pas de problème pour l'embargo sur les armes.Pas de problème sur les sanctions.La seule question qui est encore sur la table est la façon de saisir la Cour pénale internationale", a-t-il estimé.

Il faudra notamment convaincre la Russie et la Chine, traditionnellement réticents à imposer des sanctions à un pays souverain.La Chine en particulier serait hostile à la notion de crimes contre l'humanité, selon des diplomates.

Le projet de résolution relève que "les attaques systématiques qui ont lieu actuellement en Libye contre la population civile pourraient être équivalents à des crimes contre l'humanité".

De ce fait, selon le texte, le Conseil "décide de déférer la situation en Libye depuis le 15 février 2011 au procureur de la Cour pénale internationale" et demande à la Libye de coopérer pleinement avec la Cour.

S'agissant de l'embargo sur les armes, il concerne toutes les ventes et tous les transferts de toutes les catégories d'armes et de munitions de même que toute assistance dans le domaine militaire à la Libye.

Le projet de résolution prévoit un gel des avoirs du colonel Mouammar Kadhafi, qui s'accroche au pouvoir, et de son entourage.

Il prévoit également d'adopter des mesures pour le retour en Libye des agences humanitaires "afin d'assurer une assistance humanitaire rapide et sûre pour ceux qui en ont besoin".

Vendredi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait estimé qu'il était temps pour le Conseil de prendre des mesures "concrètes" concernant la Libye."Une perte de temps signifie une perte en vies humaines".

"La violence doit cesser", avait jugé le chef de l'ONU."Ceux qui versent avec tant de brutalité le sang d'innocents doivent être punis", avait-il ajouté, citant le chiffre de plus de 1.000 morts.

L'ambassadeur libyen à l'ONU, Mohammed Shalgham, qui jusque-là était resté loyal au colonel Kadhafi, avait parlé de son côté d'"exactions"."S'il vous plaît les Nations unies, sauvez la Libye.Qu'il n'y ait pas d'effusion de sang, pas de tueries"."S'il vous plaît, s'il vous plaît, adoptez une résolution courageuse", avait-il dit d'une voie émue.

L'ambassadeur a fait défection au régime du colonel Kadhafi, comme l'avait fait lundi son adjoint Ibrahim Dabbashi, avait souligné vendredi un diplomate des Nations unies sous couvert d'anonymat.