Réunion jeudi de dirigeants africains sur les élections en RDC

Par AFP

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Des dirigeants du continent vont se réunir jeudi au siège de l'Union africaine à Addis Abeba pour parler des élections contestées en République démocratique du Congo, a annoncé une porte-parole de l'UA.

La commission électorale de la RDC a proclamé l'opposant Félix Tshisekedi vainqueur du scrutin présidentiel du 30 décembre avec 38,57% des voix, contre 34,8% pour son principal rival, l'opposant Martin Fayulu. Ce dernier a fait appel du résultat devant la justice congolaise, affirmant qu'il s'agissait d'un "coup d'Etat électoral" monté en coulisses par Tshisekedi et le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdisait de se représenter.Le contentieux fait craindre une aggravation de la crise politique provoquée par le long report des élections qui auraient dû se tenir fin 2016 et ont été différées à trois reprises. La réunion de jeudi au siège de l'UA a été convoquée par le président rwandais Paul Kagame, président en exercice de l'organisation panafricaine jusqu'au mois prochain, a déclaré la porte-parole, Ebba Kalondo."Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts menés par les Africains pour aider les acteurs politiques et la population de la RDC à réussir à mener à terme le processus électoral", a-t-elle déclaré à l'AFP.Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé sa présence sur Twitter, mais on ignore quels autres dirigeants du continent le rejoindraient. Le sommet a lieu alors que les allégations de fraude se multiplient.L'influente Église catholique de RDC, qui dit avoir déployé 40.000 observateurs pour surveiller les élections, a rejeté le résultat officiel comme ne reflétant pas le vrai vote, tout en s'abstenant de dire qui l'aurait emporté selon elle.Des milliers de documents ont fuité mardi vers des médias étrangers, le Financial Times, TV5 Monde et Radio France internationale (RFI), qui prouveraient que M. Fayulu, comme il le prétend, est le véritable vainqueur de la présidentielle avec quelque 60% des suffrages.La RDC n'a jamais connu d'alternance pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960. Elle est devenue un champ de bataille pour deux guerres régionales en 1996-97 et 1998-2003, et les deux dernières élections présidentielles, en 2006 et 2011, ont été marquées par des affrontements sanglants.La Cour constitutionnelle, la plus haute juridictiondu pays, dispose de huit jours à compter du jour où l'appel de Fayulu a été interjeté, le 11 janvier, pour rendre son verdict.