Rwanda: décision le 28 septembre pour l'extradition d'Agathe Habyarimana

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rendra sa décision le 28 septembre concernant la demande d'extradition lancée par le Rwanda contre Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais, soupçonnée d'être impliquée dans le génocide de 1994.

L'avocat général, Jean-Charles Lecompte, a émis un avis défavorable à l'extradition, pointant le "manque de précision" des actes d'accusation, tant sur les faits reprochés à Mme Habyarimana que sur les dates auxquelles on l'accuse de les avoir commis.

L'avocat du gouvernement rwandais, Me Gilles Paruelle, a pour sa part invité la cour à prononcer un avis d'extradition, pour que le Rwanda puisse juger "l'une des pièces maîtresses du pire génocide qui ait été commis au vingtième siècle".

"Mme Habyarimana doit apporter une réponse aux questions qui sont posées par l'accusation.Il en va de l'histoire de son pays, il en va du devoir de mémoire que nous devons aux victimes innombrables du génocide", a-t-il martelé.

L'ex-première dame du Rwanda, vêtue d'un boubou vert et jaune, était venue devant la cour accompagnée d'une quinzaine de ses proches."Tout est faux", s'est défendue l'ancienne première dame, le visage impassible."Je suis victime d'une manipulation et d'un mensonge", a-t-elle ajouté.

Agathe Kanziga, veuve Habyarimana, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis en octobre 2009 par les autorités rwandaises pour "génocide" et "crimes contre l'humanité".

Elle avait été brièvement arrêtée et entendue par la justice française en mars 2010, quelques jours après une visite de Nicolas Sarkozy au Rwanda, la première d'un président français depuis le génocide.

Mme Habyarimana, 69 ans, est souvent présentée comme l'une des têtes pensantes de l'"akazu", le premier cercle du pouvoir hutu qui a planifié et mis en oeuvre le génocide rwandais, déclenché par l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion transportant son époux.Elle nie toute participation au génocide.

 Environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués au cours de ce génocide, selon l'ONU.