Rwanda/génocide: "clôture officielle" des procès gacaca en décembre (ministre)

20 mai 2011 à 13h34 par La rédaction

KIGALI (AFP)

Les juridictions populaires rwandaises "gacaca", chargées de juger la plus grande majorité des auteurs présumés du génocide des Tutsi de 1994, finiront leurs travaux en décembre, a annoncé le ministre de la Justice Tharcisse Karugarama.

"Un rapport final sera bouclé en décembre et ce chapitre des gacaca (prononcer gatchatcha, Ndlr) sera officiellement déclaré clos", selon un communiqué du ministre de la justice diffusé vendredi sur le site officiel du gouvernement rwandais.

La fin du travail de ces juridictions populaires avait été plusieurs fois reportée, en raison de la complexité de certaines affaires, de nombreux recours et de la découverte de nouveaux faits.

Selon le Service national des juridictions gacaca (SNJG), un organe étatique chargé de la coordination et du suivi de l'activité de ces juridictions, il restait encore 97 dossiers début mai, ces dossiers devant être jugés d'ici juillet.

"Les gacaca ont permis aux proches des suspects de génocide de s'asseoir avec les survivants pour juger, de façon équitable, ceux qui ont commis ces crimes", se félicite le ministre.

"Avec les gacaca, nous avons pu juger jusqu'à 1,4 million de dossiers, une grande réalisation qui aurait été impossible autrement", affirme le responsable rwandais.

"Il y a eu des peines d'emprisonnement allant de 5 à 10 ans, des peines de perpétuité totalisant 5 à 8% des verdicts et des acquittements totalisant 20 à 30%", a-t-il détaillé.

"Nous sommes heureux d'avoir un système unique qui répond aux besoins de notre peuple; il peut ne pas être parfait pour d'autres nations mais il nous aide beaucoup", a-t-il conclu Karugarama.

C'est en mars 2005 que les premiers procès devant les gacaca avaient démarré dans 106 juridictions pilotes, avant de s'étendre ensuite sur l'ensemble du territoire.

Les gacaca sont compétentes pour juger tous les auteurs présumés du génocide, à l'exception des planificateurs aux niveaux national et préfectoral, relevant de la compétence des tribunaux classiques.

Bénévoles, les juges gacaca ne sont pas des magistrats professionnels mais des personnes réputées intègres, élues au sein de la communauté.Certains d'entre eux ont cependant eux-mêmes été accusés de génocide, puis jugés et condamnés ou acquittés.D'autres encore ont été surpris en flagrant délit de corruption par des accusés ou des membres de leur famille.