Rwanda: Kagame "fera ses valises" s'il perd la présidentielle

Par La rédaction

KIGALI (AFP)

Le président rwandais Paul Kagame a assuré samedi qu'il quitterait "sans hésitation" le pouvoir en cas d'échec à l'élection présidentielle de lundi au Rwanda, dont il est l'ultra-favori.

"S'ils disent (les Rwandais, ndlr) ce 9 août qu'ils ne veulent plus de moi, je n'hésiterai pas à faire mes valises", a affirmé M. Kagame lors d'une conférence de presse à Kigali, à l'occasion du dernier jour de la campagne électorale.

Le chef d'Etat sortant et président du Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir depuis qu'il a mis fin au génocide de 1994 contre les Tutsi, brigue un nouveau mandat de sept ans, après avoir été élu à plus de 95% des voix en 2003 lors de la première présidentielle post-génocide.

Pour le scrutin de lundi, il fait face à trois candidats issus de petites formations qui l'avaient soutenu en 2003 et sa réelection ne fait aucun doute.

"Ce qui se passera au cours des sept prochaines années (...) nous montrera le chemin", a-t-il déclaré, alors que la Constitution rwandaise prévoit que ce second mandat sera le dernier. "Me trouver un successeur n'est pas mon problème immédiat", a-t-il souligné à ce propos.

Le scrutin de lundi se déroule dans un contexte de raidissement du régime, régulièrement critiqué sur la scène internationale pour ses atteintes à la liberté d'expression et d'opinion, et de répression accrue de l'opposition.

"Les organisations de défense des droits de l'Homme continueront à être là, et continueront à dire ce qu'elles veulent", a jugé sur ce sujet le chef de l'Etat sortant. "Il y a un scénario habituel qui dit que le leader du Rwanda doit toujours être vu comme répressif", a-t-il ironisé, ajoutant: "au lieu de demander au leadership s'il y a de la répression dans le pays, interrogez le peuple".

Questionné sur les critiques croissantes contre le régime FPR sur la scène diplomatique internationale, le président Kagame a accusé la communauté internationale "de changer les règles du jeu et les définitions en fonction de ses propres intérêts".

"Les gens ont des yeux pour voir, mais parfois ils ne voient que ce qu'ils veulent", a-t-il commenté.