Rwanda: Mbarushimana arrêté à Paris a pris part au génocide, selon les rescapés

13 octobre 2010 à 7h45 par La rédaction

KIGALI (AFP)

L'arrestation en France d'un dirigeant rebelle hutu rwandais, Callixte Mbarushimana, soupçonné de crimes de guerre commis en 2009 en République démocratique du Congo, ne doit pas faire oublier son rôle dans le génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, selon une organisation de rescapés.

Callixte Mbarushimana, secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a été appréhendé lundi à Paris en exécution d'un mandat d'arrêt, jusque là confidentiel, délivré par la Cour pénale internationale (CPI) dont le siège est à La Haye.

"Son arrestation est en soi une bonne nouvelle mais elle ne devrait pas cacher son rôle dans le génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994", a déclaré mercredi à l'AFP Théodore Simburudali, président d'Ibuka ("souviens-toi", en langue rwandaise), la principale organisation de survivants.

Selon M. Simburudali, Callixte Mbarushimana "s'est distingué dans les massacres de Tutsi" à plusieurs barrages routiers dans la capitale, Kigali, où il a même "fait massacrer" des collègues tutsi qui "travaillaient avec lui au PNUD" (Programme des Nations unies pour le développement). "Il a utilisé le matériel du PNUD dans la recherche des Tutsi", a encore accusé le président d'Ibuka.

Pour lui, M. Mbarushimana aurait dû d'abord être jugé pour génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, avant de comparaître éventuellement devant la CPI.

Le dirigeant des FDLR ne fait pas partie des personnes recherchées par le tribunal d'Arusha même si ce dernier a eu, par le passé, à enquêter sur son implication présumée dans le génocide qui a fait quelque 800.000 morts, selon l'ONU. Basées dans l'est de la RDC, les FDLR dont des éléments ont pris part au génocide de 1994, sont considérées comme l'une des principales causes de l'insécurité dans la région des Grands lacs africains.

Callixte Mbarushimana est soupçonné de cinq chefs de crimes contre l'humanité et de six chefs de crimes de guerre, notamment meurtres, viols, tortures, persécutions et destructions de biens, durant le conflit armé opposant en 2009 en RD Congo les FDLR aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux Forces rwandaises de défense (FRD).