Sahara occidental: 12 émissaires proposés par Guterres, tous refusés

Par AFP

AFRICA RADIO

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a révélé vendredi avoir proposé depuis deux ans 12 candidats pour le poste d'émissaire onusien pour le Sahara occidental, tous refusés par l'une ou l'autre des deux parties, ou un ou plusieurs membres du Conseil de sécurité.

Soumis à une série de questions à l'Assemblée générale de l'ONU sur sa candidature à un deuxième mandat de secrétaire général pour 2022-2026, l'ex-Premier ministre portugais, seul en lice, a expliqué avoir récemment décidé, pour les recrutements clés à l'ONU, de demander aux 193 Etats membres de lui proposer des noms.Les postulants seront ensuite auditionnés par un "panel" qui lui proposera "un, deux ou trois" noms, a-t-il indiqué, sans cependant préciser la composition de ce groupe.Mais "il y a des situations qui sont difficiles avec cette méthodologie, principalement les postes liés à des crises spécifiques", a poursuivi Antonio Guterres. Car pour être retenu, le candidat doit "recevoir l'approbation du Conseil de sécurité et des parties au conflit", a-t-il rappelé.Dans le cas du Sahara occidental, disputé par le Maroc et le mouvement indépendantiste Front Polisario, "nous avons proposé 12 noms pour le poste", a-t-il dit, sans préciser lesquels ni qui avait refusé ses recommandations."Bien évidemment, il est très difficile dans cette situation de faire autrement que de se mettre à la recherche de quelqu'un qui puisse faire le boulot", a-t-il relevé."Le fait qu'il n'y ait pas encore d'émissaire n'est manifestement pas dû au manque d'efforts du secrétaire général", a estimé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. "Il continuera à chercher quelqu'un qui soit acceptable ou du moins pas refusé par les parties impliquées", a-t-il indiqué.Le dernier émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental était l'ex-président allemand Horst Köhler, démissionnaire en mai 2019 officiellement pour raisons de santé mais qui aurait en fait jeté l'éponge face à l'impossibilité d'engranger des avancées.Outre les 12 candidats rejetés, d'autres personnalités ont été approchées depuis deux ans, ont indiqué à l'AFP des diplomates. Mais toutes ont décliné après un temps de réflexion devant ce "poste impossible", selon les termes de l'un d'entre eux.