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Sahara occidental: les indépendandistes sahraouis affirment avoir bombardé la zone frontière de Guerguerat

24 janvier 2021 à 01h08 Par AFP
Les indépendandistes du Front Polisario ont bombardé la zone tampon de Guerguerat, sous contrôle marocain, près de la frontière avec la Mauritanie, au Sahara occidental, a indiqué tard samedi soir l'agence de presse sahraouie SPS dans un communiqué. "L'armée sahraouie a lancé quatre missiles en direction de la brêche illégale de Guerguerat et ses environs", a précisé SPS en citant un chef militaire sahraoui.Le communiqué fait état également d'attaques le long du mur de sécurité qui sépare les combattants sahraouis des forces marocaines dans le vaste terriroire désertique.Selon un haut responsable marocain joint par l'AFP à Rabat, "il y a eu des tirs de harcèlement à proximité de la zone de Guerguerat, mais cela n'a pas touché l'axe routier, le trafic n'a pas été perturbé".Les indépendantistes du Polisario se disent "en état de guerre de légitime défense" depuis que le Maroc a envoyé le 13 novembre des troupes à l'extrême sud du vaste territoire pour chasser un groupe de militants indépendantistes sahraouis qui bloquait la seule route vers la Mauritanie voisine.Depuis, les troupes sont restées déployées dans la zone démilitarisée sous contrôle de la force d'interposition de l'ONU, afin de "sécuriser le trafic routier" sur la seule route menant vers l'Afrique de l'OuestLe Polisario conteste la légalité de cet axe routier -- qualifié de "brèche illégale" --, contraire selon lui à l'accord de 1991 signé sous l'égide de l'ONU.La question du statut du Sahara occidental, considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis.Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination prévu par l'ONU, tandis que le Maroc, qui contrôle plus des deux tiers de ce vaste territoire désertique, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté.Les négociations menées par l'ONU et impliquant le Maroc et le Polisario, avec l'Algérie et la Mauritanie en tant qu'observateurs, sont suspendues depuis mars 2019.