Sahel: Macron reporte le sommet de Pau à début 2020 après l'attaque au Niger

12 décembre 2019 à 19h21 par AFP

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En raison de l'attaque jihadiste mardi au Niger, le président français Emmanuel Macron, en accord avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, a décidé de reporter à début 2020 le sommet avec les dirigeants des cinq pays du Sahel prévu en France le 16 décembre, a annoncé l'Elysée.

Emmanuel Macron a appelé mercredi soir le président nigérien et tous deux ont convenu "de proposer à leurs homologues de reporter au début de l'année 2020 la tenue, en France, du sommet consacré à l'opération Barkhane et à la force conjointe du G5 Sahel", a précisé la présidence française.L'attaque mardi d'un camp de l'armée nigérienne à Inates, dans l'ouest du pays, près du Mali, a fait 71 morts, a annoncé mercredi une source sécuritaire nigérienne.Ce bilan est le plus lourd subi par l'armée nigérienne depuis le début des attaques jihadistes dans le pays, en 2015. Emmanuel Macron avait annoncé le 4 décembre, à l'issue du sommet de l'Otan, qu'il avait convié les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie à un sommet le 16 décembre à Pau (sud-ouest de la France), pour qu'ils "clarifient" leur position sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée par leurs opinions publiques.Il avait souligné qu'il attendait d'eux qu'ils "assument" publiquement le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des "visées néocoloniales". Faute de quoi, avait-il indiqué, il en tirerait toutes les conséquences. L'Elysée a précisé mercredi que toutes les options étaient sur la table, y compris un retrait des 4.500 hommes des troupes françaises de la force Barkhane, qui depuis quatre ans luttent contre les groupes jihadistes au Sahel.Jeudi l'envoyé spécial du président Macron pour le Sahel, Christophe Bigot, qui était à Ouagadougou, a estimé que l'invitation à Pau était "une invitation au dialogue, à la réflexion, à l'action face à ce péril terroriste". Mercredi, lors d'un entretien télévisé, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré avait critiqué "la forme et le contenu", de la déclaration de M. Macron sur cette réunion qui selon lui "ont manqué de tact"."Le président du Faso a vocation à coordonner l'action du G5 et aussi à préparer ce sommet", a déclaré M. Bigot, après une audience avec le président Kaboré. "Nous avons la perspective de travailler pour faire en sorte que ce sommet puisse, non seulement afficher la fraternité d'armes et la solidarité qui sont la marque de l'amitié entre la France et les pays du Sahel, mais aussi déboucher sur des mesures concrètes, communes, pour répondre au mieux à ce défi du terrorisme", a-t-il affirmé.Les troupes étrangères au Sahel pour combattre les jihadistes, notamment celles de Barkhane, font face à un rejet grandissant chez les habitants du Burkina Faso, du Mali et du Niger.Malgré la présence des forces françaises (Barkhane), régionales (force conjointe du G5 Sahel comprenant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) ou de l'ONU (Minusma), le Sahel fait l'objet d'attaques jihadistes de plus en plus fréquentes après les premières violences dans le nord du Mali en 2012.La France a demandé à ses partenaires européens d'accroître leur soutien, un sujet au menu du du sommet européen de jeudi et vendredi.Paris est également en train de mettre sur pied une opération baptisée "Tacouba", réunissant des forces spéciales de plusieurs pays européens, afin d'apporter des renforts à l'armée malienne, en difficulté face à la poussée des attaques jihadistes. Déjà huit pays ont répondu à l'appel de la France, a précisé l'Elysée mercredi.