Saisie record de cocaïne au Cap-Vert: l'équipage russe assure avoir agi sous la contrainte

Par AFP

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Dix marins russes jugés au Cap-Vert un an après avoir été arrêtés avec près de 10 tonnes de cocaïne à bord de leur navire, ont été "contraints" d'agir de la sorte, a déclaré lundi leur avocat, lors de la première audience d'un procès qui doit durer cinq jours.

Onze membre d'équipage, tous russes, du cargo ESER, battant pavillon panaméen, avaient été interpellés le 31 janvier 2019 dans le port de Praia, la capitale de cet archipel de l'océan Atlantique situé au large du Sénégal.Leur navire, en provenance d'Amérique du Sud et qui se dirigeait vers Tanger, dans le nord du Maroc, avait été forcé de faire escale au Cap-Vert après le décès à bord d'un des membres d'équipage. La police capverdienne, bénéficiant d'informations de son homologue portugaise, avait découvert à bord 9,5 tonnes de cocaïne, la plus importante saisie de drogue jamais réalisée dans le pays.Sur les 11 marins russes, en détention préventive depuis lors, l'un est décédé de maladie deux semaines avant l'ouverture du procès. Les 10 autres sont jugés pour "trafic international de drogue" et "association criminelle".Agés de 28 à 75 ans, ils "ont été impliqués dans ces faits par des circonstances indépendantes de leur volonté. Ils ont été embauchés pour gagner leur vie sur le cargo, puis ils ont été contraints de transporter la drogue", a affirmé un avocat de la défense, Martinho Landim, dans un tribunal placé sous haute sécurité."Nous avons été embauchés pour transporter des conteneurs entre les Caraïbes, l'Afrique et l'Europe, mais nous ne savions pas quel type de cargaison nous devions transporter", a affirmé, le visage fatigué, le capitaine du navire, Sergueï Kotlovski. Agé de 75 ans, il a été le seul à être interrogé lundi."Lorsque l'équipage a découvert pendant ce premier voyage qu'il devrait transporter du fret illégal, il a été menacé et contraint", a-t-il ajouté.Archipel constitué de 10 îles, le Cap-Vert fait partie des pays ouest-africains utilisés par les trafiquants comme points de transit de la drogue en provenance d'Amérique du Sud à destination de l'Europe.Le procès doit en principe s'achever vendredi.