Scandale financier en Afrique du Sud: libération conditionnelle de sept accusés

18 juin 2020 à 13h16 par AFP

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Sept hommes, arrêtés mercredi et accusés d'avoir participé au détournement de plus de 2 milliards de rands (114 millions d'euros) des comptes de la banque sud-africaine VBS qui a fait faillite, ont été remis jeud en liberté sous caution.

Inculpés de fraude, vol, blanchiment d'argent ou encore corruption, ils ont tous plaidé non coupable lors de leur comparution jeudi devant un tribunal de Palm Ridge, dans la banlieue de Johannesburg.Parmi eux figurent l'ancien président du conseil d'administration de VBS, Tshifhiwa Matodzi, présenté comme le cerveau de ce scandale, et l'ancien directeur exécutif de la banque, Andile Ramavhunga.Le Parquet avait décidé de "ne pas s'opposer" à leur remise en liberté, précisant que la pandémie de Covid-19 "avait joué un rôle" dans cette décision.Le juge Brian Nemavhidi a ordonné leur libération contre versement d'une caution de 100.000 rands (environ 5.200 euros).Les accusés doivent de nouveau comparaître le 8 octobre.Ce sont les premières arrestations depuis que le scandale à VBS a éclaté il y a près de deux ans.Fin 2018, la Banque centrale d'Afrique du Sud avait publié un rapport sur la faillite de l'entreprise, intitulé "Le grand casse bancaire".Le document accusait 53 personnes, dont des dirigeants et des hommes politiques, d'avoir détourné plus de 2 milliards de rands sur une période de trois ans.Selon le ministre de la Gouvernance coopérative de l'époque, Zweli Mkhize, VBS Mutual Bank, prisée des petits porteurs, est soupçonnée d'avoir mis sur pied "un processus de fraude systématique et structuré, qui aurait siphonné les fonds de la banque" au profit d'une poignée de bénéficiaires "cupides".La faillite de la banque, qui a surtout pénalisé les clients ruraux et pauvres, résulte d'"un détournement brutal d'argent destiné aux communautés défavorisées", avait commenté M. Mkhize. La banqueroute de VBS est un des cas de corruption les plus spectaculaires en Afrique du Sud depuis le départ forcé début 2018 du président Jacob Zuma, cité dans de nombreux scandales financiers.