Sécurité renforcée en Egypte à l'approche du Noël copte

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Les forces de l'ordre égyptiennes ont été mises en alerte renforcée aux abords des églises à l'approche des célébrations du Noël  copte orthodoxe jeudi et vendredi, après l'attentat qui a coûté la vie à 21 personnes à Alexandrie dans la nuit du Nouvel An.

La présence policière aux postes de contrôle devant les édifices religieux a été renforcée, et les congés de nombreux policiers annulés, ont annoncé lundi des sources au sein des services de sécurité.

La surveillance des ports et aéroports a également été renforcée après cet attentat commis, selon les autorités qui évoquent la piste d'Al-Qaïda, par un kamikaze agissant pour des terroristes étrangers.

Le massacre n'a cependant pas été formellement revendiqué.

Selon le quotidien gouvernemental al-Ahram de lundi, la charge explosive, constituée de TNT et de morceaux de métal, était particulièrement sophistiquée.

Le patriarche copte orthodoxe Chenouda III a assuré que malgré les risques, il avait l'intention de célébrer la messe de Noël, comme chaque année le 7 janvier."Ne pas prier voudrait dire que le terrorisme nous prive de la célébration de la naissance du Christ", a-t-il déclaré, cité par al-Ahram.

Le Noël copte orthodoxe a lieu vendredi, également jour de prière pour les musulmans.Les célébrations commenceront jeudi, avec les traditionnelles messes de veille de Noël.

Outre les risques d'attentats, les autorités redoutent de nouveaux heurts avec des manifestants chrétiens, ou des incidents entre chrétiens et musulmans.

Dimanche, des heurts entre chrétiens coptes et policiers au Caire ont fait 45 blessés parmi les forces de l'ordre, a annoncé la police lundi.Les accrochages ont eu lieu en marge d'un rassemblement de plusieurs centaines de personnes dans l'enceinte de la Cathédrale Saint Marc, où siège le patriarche Chenouda III.

Les manifestants s'en sont pris aux officiels qui venaient présenter leurs condoléances.Certains ont ainsi jeté des pierres sur Osmane Mohamed Osmane, secrétaire d'Etat au développement économique, ou crié "Nous ne voulons pas de toi" au grand imam d'Al-Azhar, Ahmad al-Tayeb, l'un des principaux responsables religieux musulmans du pays, en donnant des coups sur sa voiture.

A Alexandrie, où des affrontements avaient déjà opposé samedi de jeunes chrétiens aux policiers, plusieurs centaines de Coptes ont manifesté dimanche soir devant l'église endeuillée, avant de mettre le feu à des poubelles.

Les Coptes, ou chrétiens d'Egypte, représentent 6 à 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens.Ils sont en grande majorité orthodoxe, même si la communauté compte environ 250.000 Coptes catholiques.

Un groupe irakien de la mouvance d'Al-Qaïda, qui a revendiqué l'attaque contre une cathédrale de Bagdad fin octobre (46 morts parmi les fidèles), a lancé des menaces à leur encontre, les accusant de maintenir prisonnières deux épouses de prêtres coptes qui se seraient converties à l'islam.

L'église des saints d'Alexandrie figurait d'ailleurs sur une liste d'une cinquantaine de lieux de culte coptes, en Egypte et à l'étranger, désignés début décembre comme cibles par un site internet d'Al-Qaïda.

L'attentat d'Alexandrie est le plus meurtrier commis en Egypte depuis la vague d'attaques contre des complexes touristiques de la mer Rouge entre 2004 et 2006, qui avaient fait au total près de 140 morts.

Mais ce n'est pas la première fois que des chrétiens sont visés.Le 6 janvier 2010, six Coptes avaient été tués à la sortie d'une messe à Nagaa Hamadi (Haute-Egypte).Le verdict des meurtriers présumés est attendu le 16 janvier.