Seif Al-Islam a assuré espérer être jugé en Libye, selon le greffe de la CPI

11 avril 2012 à 11h29 par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

Le fils du défunt leader libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, a assuré espérer être jugé en Libye, a affirmé mercredi le greffe de la CPI, qui estime toutefois qu'il "jouait un rôle".

"Il a déclaré : ++J'espère être jugé ici dans mon pays, qu'ils m'exécutent ou pas++", a indiqué le greffe de la CPI dans un rapport daté du 5 mars et rendu public mercredi, se basant sur une rencontre le 3 mars avec Seif Al-Islam à Zenten, à 180 km au sud de Tripoli, où il est détenu.

"Le greffe a eu l'impression que M. Kadhafi jouait un rôle au profit du procureur (libyen, ndlr)" lors de la rencontre, a toutefois soutenu le greffe, rappelant que la Libye souhaite juger elle-même Seif Al-Islam.

Un représentant du greffe, un représentant du bureau de la Défense de la CPI (OPCD), chargé notamment de protéger les droits de la défense, ainsi qu'un représentant du parquet général libyen, ont participé à la rencontre, selon la même source.

Seif al-Islam, 39 ans, arrêté le 19 novembre dans le Sud libyen, est visé par un mandat d'arrêt de la CPI, pour des crimes contre l'humanité commis à partir du 15 février 2011 lors de la répression de la révolte populaire qui s'est transformée en guerre civile.

Le gouvernement libyen avait fait appel mardi d'une décision de la CPI lui demandant de lui livrer "immédiatement" Seif Al-Islam.

Détenu par des révolutionnaires libyens, Seif Al-Islam devrait être transféré dans la capitale libyenne dans les prochains jours, avait assuré dimanche un représentant de la Libye auprès de la CPI, Ahmed Jehani.

Il devrait être transféré à la prison de Tajoura, à 22 km au sud de Tripoli, dont la construction devrait être achevée d'ici deux mois, a précisé mercredi le greffe, se basant sur "les informations reçues" de la part des autorités libyennes.

Seif Al-Islam "a été agressé physiquement" en détention, où il est "totalement mis en isolement", avait assuré le 5 avril Xavier-Jean Keïta, de l'OPCD, qui l'avait rencontré le 3 mars.