Sénégal: début de la procédure pour lever l'immunité d'un opposant accusé de viol

Par AFP

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Le Parlement sénégalais a entamé jeudi la procédure pour lever l'immunité d'une figure de l'opposition, Ousmane Sonko, visé par une plainte pour viols qui agite le milieu politique depuis début février, a-t-on appris auprès de l'institution.

Le bureau de l'Assemblée nationale s'est réuni jeudi et a "transmis le dossier à la commission des lois (de l'institution) qui va créer une commission ad hoc" chargée de statuer sur la levée de l'immunité, a déclaré à l'AFP le député Abdou Mbow, vice-président à l'Assemblée nationale et membre du parti présidentiel.Cette commission sera mise en place le 15 février, a précisé Dieh Mandiaye Ba, présidente de la commission des lois. Si la procédure va à son terme, c'est à l'Assemblée réunie en séance plénière qu'il appartiendra de se prononcer sur une déchéance ou non de l'immunité.Un important dispositif de sécurité avait été mis en place autour du Parlement pour parer à d'éventuelles manifestations de la part des sympathisants de M. Sonko, après des heurts avec les policiers qui se sont produits lundi autour de son domicile et qui ont donné lieu à des dizaines d'interpellations. Mais aucune mobilisation ni incident n'a été rapporté jeudi.M. Sonko, 46 ans, fait l'objet d'une plainte pour viols et menaces de mort déposée par une employée d'un salon de beauté de Dakar dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. Sauf cas particulier, un parlementaire ne peut être poursuivi pour ces faits sans l'autorisation du Parlement. Ousmane Sonko, arrivé troisième lors de la présidentielle de 2019 et député depuis 2017, nie les accusations et crie au complot, ourdi selon lui par le chef de l'Etat Macky Sall pour ruiner ses projets à la présidentielle de 2024. La plainte contre M. Sonko, 46 ans, a suscité des parallèles avec les ennuis de Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations pour des malversations financières et empêchés de se présenter à la présidentielle de 2019.M. Sall, 59 ans, élu en 2012 et réélu en 2019, maintient le flou sur l'éventualité d'une candidature à un troisième mandat, malgré la limite de deux instaurée après une révision constitutionnelle approuvée en 2016.