Sénégal: l'Assemblée lève l'immunité parlementaire d'un opposant accusé de viols

26 février 2021 à 14h34 par AFP

AFRICA RADIO

L'Assemblée nationale du Sénégal a levé vendredi l'immunité parlementaire du député et figure de l'opposition Ousmane Sonko, visé par une plainte pour viols, ouvrant la voie à une convocation par la justice à laquelle il a déjà indiqué qu'il ne répondrait pas.

La séance plénière, qui s'est déroulée à huis clos en raison du coronavirus, a été émaillée de joutes tendues entre la majorité et l'opposition, selon les échos des débats retransmis en direct à la radio.Sur les députés présents, 98 ont voté en faveur de la levée de l'immunité d'Ousmane Sonko, un a voté contre et deux se sont abstenus. Ceux de l'opposition ont quitté la salle avant le vote, a précisé à l'AFP Dié Mandiaye Ba, la présidente de la commission chargée des travaux préparatoires.Ousmane Sonko a fait l'objet début février d'une plainte pour viols et menaces de mort déposée par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. Il nie ces accusations et crie au complot.Arrivé troisième lors de la présidentielle de 2019, le député de 46 ans accuse le président Macky Sall d'avoir monté une affaire de moeurs pour ruiner ses projets pour la présidentielle de 2024. Et il reproche avec virulence aux juges d'être à la solde du pouvoir exécutif. "Si Macky Sall veut me liquider, il devra, pour une fois, accepter de se salir les mains", a-t-il lancé jeudi lors d'une conférence de presse, en indiquant qu'il ne répondrait pas aux convocations du juge même si son immunité est levée.Certains des ses partisans ont brûlé vendredi matin des pneus sur la chaussée à plusieurs endroits de Dakar et de sa banlieue, selon les médias locaux.La plainte contre M. Sonko, qui a déclenché une tempête dans le monde politique et médiatique, a suscité des comparaisons avec les ennuis de Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations pour des malversations financières et empêchés de se présenter à la présidentielle de 2019.M. Sall, 59 ans, élu en 2012 et réélu en 2019, maintient le flou sur l'éventualité d'une candidature à un troisième mandat, malgré la limite de deux instaurée après une révision constitutionnelle approuvée en 2016.