Sierra Leone: l'ex-ministre de la Défense arrêté pour corruption présumée

29 décembre 2018 à 15h28 par AFP

AFRICA RADIO

L'ancien ministre sierra-léonais de la Défense, Alfred Paolo Conteh, a été arrêté vendredi pour corruption présumée dans une affaire d'achat de matériels militaires, a annoncé samedi la commission nationale anticorruption.

Alfred Paolo Conteh, ministre sous la présidence d'Ernest Bai Koroma (septembre 2007 - avril 2018), a été arrêté vendredi en même temps qu'un ancien directeur général du ministère de la Défense, Sannah Marrah pendant cette période, a indiqué la Commission dans un communiqué.La Commission, créée en octobre, mène des enquêtes sur des achats en 2015 de véhicules et d'uniformes militaires et de riz. Plusieurs anciens responsables de l'administration Koroma dont le vice-président Victor Bockarie Foh ont déjà été arrêtés dans le cadre de la lutte contre la corruption."Nous sommes en train de récupérer l'argent volé à notre peuple", a déclaré samedi à la presse le responsable de la Commission anticorruption, Joseph Ben Kelfalla. Le régime du président Julius Maada Bio, qui a pris ses fonctions en avril, a engagé une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics. La commission d'enquête créée en octobre doit entamer début janvier ses auditions sur les cas de corruption passés qui ont contribué, selon un rapport publié en mai, à un effondrement de l'économie. L'ex-formation au pouvoir, l'APC, a une nouvelle fois dénoncé la mise en place de cette commission et annoncé qu'elle ne collaborerait pas avec elle, dans un communiqué publié vendredi, après l'arrestation de MM. Conteh et Marrah."Le Parti appelle tous les anciens ministres, vice-ministres, chefs de départements et d'agences membres de l'APC, et (ses responsables) démis de leurs fonctions, à rester en contact avec son secrétariat pour des actions politiques et légales ultérieures", a affirmé son secrétaire général Alhaji Osman Fodey Yansaeh, dans ce communiqué. "Le gouvernement ne tolérera l'intimidation, l'indiscipline ou la provocation d'aucun parti politique. La lutte contre la corruption va continuer et la commission d'enquête entamera ses travaux en janvier", a déclaré samedi à l'AFP un responsable du gouvernement sous couvert de l'anonymat. L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.